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Test du Samyang 14 mm f/2.8
22 juin 2010 par PatrickLombaert
Dans le monde de la photo reflex, Samyang commence à s'installer doucement mais sûrement. Après un prometteur 85 mm f/1.4, ce constructeur sort depuis peu un 14 mm f/2.8. De plus, on trouve désormais leurs objectifs dans deux enseignes françaises. L'une d'entre elle,
Miss Numérique a donné l'occasion aux lecteurs de Déclencheur de les tester.
C'est dans ce cadre que je vous propose mon feedback sur le Samyang 14 mm f/2.8, testé sur un Sony Alpha 900.
Le Sony Alpha 900 possède un capteur 24x36 de 24 Mp ; il était donc intéressant de voir si cet ultra grand angle arriverait à alimenter ce gourmand capteur.
En effet, comme dit plus haut, Samyang a réussi à offrir une alternative sérieuse aux couteux 85mm et leur 14 mm était par conséquent attendu. L'essai allait-il être transformé ?
La réalisation d'un tel ultra grand angle est autrement plus compliqué à concevoir qu'un petit télé. C'est d'ailleurs pour cette raison que le constructeur a dû décaler la sortie de son objectif de plusieurs mois afin de revoir sa copie suite aux premiers essais qui se sont avérés décevants.
Seront donc abordés dans cet article plusieurs points : une prise en main, le piqué, la résistance au flare, la maitrise des aberrations chromatiques, la distorsion et le vignetage.
Prise en main
Avant toute chose, je rappelle le fait que cet objectif ne coûte que 319 euros. Ce bas prix se ressent lors du déballage. En effet, le packaging fait très "cheap" comparé aux objectifs des constructeurs de reflex. Jugez par vous même :
Une petite housse est livrée avec. Celle ci est assez serrée et n'est par conséquent pas très pratique à l'usage.
Comme leur 85 mm, la finition de l'objectif est en plastique à l'exception de la baïonnette (en métal). Malgré tout, la construction fait sérieuse et inspire confiance. Le revêtement présente un aspect granité.
L'apparence du packaging est trompeuse car les performances sur le terrain de cet objectif se révèlent très étonnantes.
Un petit mot sur la spécificité de cet objectif avant d'aborder les performances : il s'agit d'un objectif entièrement manuel. Il ne possède en effet pas de puce permettant le "dialogue" entre l'objectif et le boitier. Outre l'absence d'informations sur la focale, cela implique surtout l'absence d'automatismes tels que le contrôle du diaphragme, la mesure d'exposition ou encore la stabilisation pour les boitiers stabilisés par le capteur (Pentax et Sony).
La mise au point s'effectue donc manuellement, tout comme la sélection de l'ouverture qui se fait via une bague de diaphragme situé sur le fût de l'objectif (voir photo ci dessous).
Cela implique donc de présélectionner soit même l'ouverture. Sur les boitiers Sony, l'utilisation du mode M est donc obligatoire (à l'exception des modèles Alpha 100 et ALpha 700 permettant l'utilisation du mode A dans lequel la vitesse est automatiquement calculée par le boitier en fonction de l'ouverture choisie).
A noter qu'à cette focale, la mise au point manuelle n'est pas très contraignante car la profondeur de champ est suffisamment large pour éviter des erreurs.
Piqué
Contrairement au format APS-C (et même APS-H), le format 24x36 est impitoyable avec les bords et les coins. Pourtant, ce Samyang 14 f/2.8 s'en sort haut la main.
En effet, à f/8, l'image est homogène (centre/bord/coin). On est loin des faiblesses rencontrées sur les zooms aux courtes focales.
A pleine ouverture, les résultats sont très bons au centre, un peu moins sur les bords et coins mais acceptables.
Voici une photo prise à f/4 suivie de deux crops 100% (le premier issu du centre et le second du bord) afin que vous réalisiez à quel point le piqué est bon.
Remarque : je rappelle que regarder ces crops correspondrait à regarder un poster géant à moins de 30 cm. En d'autres termes, ça ne correspond à aucune situation réelle.
Flare et maîtrise des aberrations chromatiques
Dans ces deux domaines, le Samyang répond également présent :
- il résiste très bien au flare. Les lumières parasites se font en effet très rares, et cela, même lors d'une prise de vue avec le soleil de face ou sur l'extrême bord du cadre.
- il maîtrise parfaitement les aberrations chromatiques. Je n'ai pas réussi à le prendre en défaut, et ce quelque soit l'ouverture.
Le coating et son élément asphérique ne doivent pas être étrangers à ses excellents résultats.
Distorsion
C'est assurément son point faible. Réaliser un ultra grand angle présentant une faible distorsion coûte cher, très cher. Il est donc logique, vu le faible prix de vente de cet objectif, qu'on le prenne en défaut sur ce point.
Comme la plupart des objectifs grand angle, il présente a priori une distorsion en forme de barillet. Malheureusement, sur les bords extrêmes du cadre, les horizontales prennent la forme d'une "moustache" (en plus de la forme "barillet", les fuyantes sont comme aspirées par les coins) qui doit être difficile à corriger en post-traitement. Voici un exemple, très parlant (regardez le bas de l'image censé être parfaitement horizontal) :
Vignetage
A pleine ouverture, l'objectif vignette ; à f/4 également comme le montre la photo de la cathédrale plus haut. Le vignetage commence à devenir négligeable à partir de f/5.6 pour disparaitre complètement à f/8.
Bilan
Finalement, cet objectif donne d'excellents résultats dans l'ensemble mais il présente un point faible de taille : la distorsion. Selon la pratique photo, cela peut être rédhibitoire.
Néanmoins, à ce prix, on peut difficilement lui reprocher de ne pas être parfait.
Nul doute qu'il ravira toutes celles et ceux qui recherchent un ultra grand angle dont la distorsion n'est pas un critère discriminant.
Patrick Lombaert