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Le guide de la lumière et de l'éclairage - l'avis de Shine75
23 octobre 2010 par Shine75
Auteur: Michael Freeman
Editeur : Pearson
Pagination : 224 pages au format 23,5x26cm
Prix : 27 euros
ISBN : 978-2-7440-9283-1
Date de parution : 4 décembre 2009
Compte tenu de ce que l’auteur a déjà publié comme ouvrages, je m’attendais à la lecture de ce
livre à y trouver au mieux un livre riche d’enseignements, où chaque page tournée donne le sentiment d’en apprendre toujours un peu plus, au pire un nième livre décrivant des concepts déjà connus, mais qui faute de mieux, serait une bonne révision de principes de base à connaitre en gestion de la lumière et de l’éclairage.
Mais ce livre est une véritable déception, inintéressant et creux…
Ma première lecture m’a laissé un goût si amer que j’ai eu à cœur de le relire une deuxième fois afin de m’assurer que ma lecture initiale n’avait pas été biaisée. Mais le constat reste le même…
Quel ennui...
Je suis déçu, déçu, d’autant plus déçu que Michael Freeman est un auteur que j’apprécie tout particulièrement. Comment quelqu’un, qui est à l’origine d’ouvrages tels que « L'Œil du Photographe et l'Art de la Composition » ou encore « Photographie Numérique de Nuit et en Faible Lumière » a-t-il pu se laisser aller à ce point ?
Voici un livre qui parle de tout sans rien en dire. Une sorte de catalogue incomplet sur tout ce qu’il est possible de faire au niveau de la lumière en photographie, mais qui ne développe rien. Si bien que l’on se sent continuellement frustré. Dès que cela devient intéressant : fin de l’épisode.
Un peu comme si vous achetiez un « Guide de la cuisine » dans lequel on vous présenterait les légumes, les épices, leur origine, leur couleur, leur saveur, mais sans vous en expliquer l’utilité, la manière de les utiliser, de les combiner entre eux. Vous sauriez ainsi qu’il existe des poivrons rouge, jaune et vert, des tomates rondes, potelées ou allongées. Qu’il existe une température idéale pour cuire un œuf dur, et que le piment, attention ça pique mais certains le supportent bien. Qu’il existe des vins rouge, blanc, rosés, de même que des viandes rouges, blanches. Mais… Quel vin marier avec quel type de plat ? Comment cuire un œuf ? L’œuf dur est-il le seul mode de cuisson possible ? Quand ai-je plus intérêt à prendre un poivron rouge ou un poivron vert ? A quoi sert donc un Wok ? Débrouillez-vous !
Chaque chapitre abordé est introduit par un texte creux, qui semble n’être là que pour vous donner l’impression que vous n’avez pas payé pour un simple livre d’images (somme toutes assez banales au demeurant). Puis, une flopée de photos trop brièvement légendées et un texte beaucoup trop superficiel.
Et je vous passe les approximations et présentations hasardeuses que l’on croise page après page.
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pesté sur les problèmes de présentation rencontrés, d’avoir scruté de longues minutes les photos présentées pour essayer de comprendre où l’auteur voulait en venir.
Quant aux enseignements… Saviez-vous que le soleil se déplace dans le ciel ? Qu’en fonction du moment de la journée, un même endroit n’est pas éclairé de la même manière ? Et pour illustrer cela ? Allez, hop, 4 pages de photos d’un lieu prises à différentes heures de la journée. Et comme si cela ne suffisait pas, l’auteur a jugé utile de faire la même démonstration en différents points du globe. Du remplissage inutile.
Ce n’est certes pas le premier ni le dernier livre agencé de la sorte, mais ici, on n’apprend rien, ou alors si peu que l’on se sent frustré par la brièveté des explications données. Les textes sont là pour meubler, les légendes des images trop courtes et trop creuses pour en tirer un enseignement utile, et ceci du début à la fin. Comble du comble à mon sens pour un livre qui se veut orienté « lumière » et « éclairage », un chapitre dédié au post-traitement HDR est étrangement l’un des plus consistants.
Un peu de lumière dans l’ombre…
Il faut dire que les premières dizaines de pages sont intéressantes. Utiles serait beaucoup dire, mais on y trouve des informations de culture générale qu’il est bon de connaitre. Ce qui rend d’ailleurs la découverte de la suite de l’ouvrage d’autant plus frustrante, vu que tout cela partait assez bien.
Un chapitre également vers la fin du livre, présentant de très nombreuses configurations d’éclairage et leur rendu sur différents objets, peut se révéler utile, même si cela reste à vérifier dans la pratique. Je dois avouer pour ma part que je cherchais depuis longtemps, par curiosité, un tel catalogue décomposant les rendus des multiples positions possibles pour un éclairage.
Ce qu’il m’en reste…
Et bien… rien…
Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu quelque information utile.
Je n’ai pas le sentiment d’avoir appris quoi que ce soit, ni de pratique, ni de théorique.
Je ne me suis pas amusé à lire le livre. L’ennui a commencé à me gagner dès la fin du premier tiers.
Il en reste donc quelques grammes de papier sans intérêt, et peut-être une grille de photos illustrant différents rendus d’éclairage, qui pourra peut-être se révéler utile un jour. Mais de là à acheter le
livre pour ces quelques pages… Monsieur Freeman, vous ne voudriez pas les extraire et développer le concept dans un livre à part ?
Shine75
Skywalker le 24/10/10
Eh bien voici une charge très violente contre un ouvrage qui essaie de donner le moyen de tirer le meilleur parti de la lumière essentielle à tout photographe.
C'est à se demander si tu l'as lu
Cet ouvrage n'est certes pas parfait mais il m'a paru très complet et bourré de conseils pour une bonne pratique par un photographe qui n'a plus rien à prouver.
Alors à moins de vouloir plonger dans la bible technique de René Bouillot (bon courage..) le livre de Freeman me semble indispensable..
Shine75 le 27/10/2010
Cher Skywalker,
Ton commentaire "C'est à se demander si tu l'as lu" a été également l'une de mes premières réactions lorsque j'ai lu ton propre compte-rendu, et c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai eu à coeur de relire le livre une deuxième fois afin d'être sûr de ne pas avoir raté quelque chose et de remettre à l’épreuve l'opinion que je m'en étais faite avant de poster mon compte-rendu sur déclencheur.
Je te trouve particulièrement bon public face aux platitudes dispensées tout au long de ce livre.
Par ailleurs, tu semble accorder une approbation par défaut au vu de la renommée de l'auteur. Etre bon signifie-t-il donc à tes yeux ne jamais faire d'erreur ? Ne jamais se lâcher pour écrire un livre un peu facile ? Si les précédents livres que j'ai lus de Freeman étaient d'un excellent niveau, certains faisant d'ailleurs partie de mes livres de chevet, je maintiens que celui-ci est beaucoup, beaucoup trop léger.
Cela étant, tu sembles avoir apprécié ce livre et je ne me permettrais pas de remettre cela en question. Toutefois t'a-t-il réellement appris quelque chose ? Permis de mettre en pratique quelconques enseignements ? Lesquels ? Il serait intéressant que tu étaye ton compte-rendu de ces bénéfices afin de permettre à ceux qui liront nos deux analyses de se faire une opinion plus appuyée.
Allez, je me lance et je prends deux exemples, parmi tant d’autres qui m’ont donné le sentiment de perdre mon temps :
Page 48 – Soleil tropical
Chouette, voilà un sujet d’intérêt général ! En plus je vais souvent sous les tropiques (non je rigole).
Ohhhh, génial, deux pages d’une même maison photographiée toutes les heures de 7h à 19h…
Je cite (et commente) :
Info : on voit la lumière changer sur la façade au fil des heures… si si.
« 7h00 : Une heure après le lever du soleil, seuls quelques rayons de soleil arrivent sur la scène à cause de la densité des palmiers et de la végétation. La hauteur du soleil est de 15° (info super capitale), ce qui serait correct dans un emplacement ouvert (pas de bol, là y’a des palmiers), mais ici la lumière est bloquée par le décor (ah ben ça). »
« 14h00 : Doucement la scène s’éclaire de face (oui, et sous les tropiques c’est toujours à 14h et quelle que soit la direction dans laquelle le photographe regarde. Si si. Très instructif ce chapitre.), mais si c’est visible dans cette séquence de photos les changements sont imperceptibles pour ceux qui les vivent en direct. ».
« 19h00 : A peine une heure après le coucher du soleil, il fait pratiquement nuit (non sans blague ?). La plupart des lumières, ici des lampes tungstène, proviennent des maisons voisines (info utile ?) ».
Plus sérieusement, une phrase pour expliquer que sous les tropiques les heures « magiques » ne sont pas exactement les mêmes qu’en France, et que les changements de luminosités sont bien plus rapides aux extrêmes, avec 3-4 photos pour appuyer le discours, et on avait quelque chose de plus concis et de plus utile que d’essayer de décoder 2 pages de photos rébarbatives et commentées à la va-vite.
Page 111– Chapitre réflecteurs et drapeaux.
Qu’est-ce que l’auteur va nous apprendre sur ces outils essentiels en photo ?
Je cite : « Il existe différentes tailles de réflecteurs et différents matériaux. Ces éléments influencent la lumière réfléchie »
Ah ben avec ça…
Plus bas : « Il existe un grand nombre de parapluies avec un matériau réfléchissant et ils peuvent s’installer facilement dans un studio ou sur site. »
Encore deux phrases comme celles-là et on va devenir des pros de la lumière.
Sur la gauche « Réflecteurs pliables : bla bla peuvent être pliés bla bla voilà pourquoi ils peuvent être pliés bla bla, voilà comment on les plie. Les tons bronze et doré apportent de la chaleur aux portrait ».
Plus 3 images de taille suffisante pour remplir la page.
Non mais franchement ?
Une page entière juste pour nous dire que les tons bronze et dorés apportent de la chaleur aux portraits ?
Non désolé, mais c’est comme cela pratiquement tout au long du livre, et je ne peux décidément pas y adhérer. Il y a des lectures bien plus intéressantes et agréables à consulter.
Mais cet avis est personnel, et tu ne le partage visiblement pas.
Cela étant, ce simple écart de point de vue doit bien signifier que d’autres pourrons apprécier ce livre, ou le détester. Attention donc avant l’achat :-)