Un “vrai” objectif, sans logiciel ?

Disponible sur l'AppStore

Un “vrai” objectif, sans logiciel ?

Un “vrai” objectif, sans logiciel ?

La fin justifie-t-elle les moyens en optique ? Il y a quelques jours je publiais quelques commentaires sur la durée de vie des objectifs. C'en est suivi une jolie discussion par commentaires (ainsi que sur Facebook). J'épingle une remarque de Xavier sur le post-traitement :

Par exemple le 18-200mm de Nikon est certes peu lumineux à 200mm (f5.6) mais sur un cliché peu bruité, n'importe quel logiciel de photo permet d'obtenir une photo comme si on avait une ouverture à f4 voire f3.5 !

Techniquement ce n'est pas correct car l'exposition n'est pas le seul aspect à considérer mais l'argument du traitement du signal est quand même pertinent. Au risque d'être un peu pédant, je dirais qu'il est parfois raisonnable, dans certaines situations photographiques, de sacrifier un peu de contrôle sur l'image pour réduire le prix du matériel ou son poids et son encombrement. Après tout les meilleures photos sont celles qu'on fait... et, parfois, simplement, cela veut dire avoir le matériel sur soi.

Et pourtant... l'argument titille. Une belle optique, lumineuse, piquée, sans distorsion... c'est quand mieux, non ? Malgré les efforts de DxO, le traitement logiciel passe toujours pour un pis-aller, une astuce plus digne d'un tricheur que d'un photographe. Et pourtant Xavier pointe dans une direction fondamentale... et cela fait sans doute également partie des remises en question autour de l'achat d'optiques.

De tout temps les opticiens se sont battus pour résoudre la quadrature du cercle, à savoir un objectif délivrant une image parfaite, dans un encombrement réduit (les assistants coûtent cher) et bon marché. Depuis toujours la maîtrise de l'optique et de la mécanique sont leurs atouts dans ce difficile travail. L'amélioration des procédés de fabrication, de nouveaux matériaux leur ont permis de réaliser des petits miracles... ainsi un zoom professionnel moderne remplace avantageusement (du point de vue du prix et du poids et de la qualité de l'image) toute une gamme d'objectifs fixes pour la plupart d'entre nous.

Il reste sans doute de la marge de progrès dans ces matières traditionnelles mais pourquoi, si ce n'est par l'attachement à de vieux principes, les opticiens ne pourraient-ils pas intégrer le logiciel dans l'équation. En quoi est-il moins sacrilège de corriger un défaut par logiciel plutôt que par l'ajout d'une lentille asphérique ? Après tout le traitement numérique fait partie intégrante de la photographie aujourd'hui... pourquoi le brider à remplacer la seule pellicule ? Le calcul numérique est un outil, comme un autre. S'il est efficace, il a sa place. Seule l'image compte ou devrait compter.

Bien entendu cela suppose beaucoup de travail et de collaboration dans l'industrie. Il ne serait pas acceptable que le traitement numérique se limite au seul boîtier, les développeurs RAW doivent également l'intégrer. Il ne serait pas non plus acceptable que le traitement soit limité aux seuls objectifs du fabricant du boîtier.

Enfin, et surtout, parce que les photos ont une valeur historique, ce traitement doit être pérennisé dans le temps. Il faut que je puisse développer ma photo en utilisant ce traitement dans 50 ans et plus. Il faudrait donc définir une sorte de profil standard, similaire aux profils de couleurs. Bien qu'Adobe ait fait évoluer DNG pour intégrer des méta-données de profil et que le standard 4/3 et ses dérivés gèrent ces informations, on n'est pas encore vraiment face à une norme industrielle et c'est dommage.

Cela suppose également une remise en question des réflexes d'achat... comme toujours il appartiendra à chacun de se situer par rapport à son projet photographique mais dans l'équation qualité d'image/encombrement/prix, les valeurs sûres d'hier pourraient être remises en question par logiciel demain, au moins pour certains projets photographiques.

Je conclus par une réflexion... Leica, qui est quand même un des opticiens les plus respectés, code numériquement ses objectifs depuis 2006... pour, je cite, utiliser le surcroit de performance offert par le traitement numérique du boîtier.

Votre avis sur le sujet ?

Par Benoît Marchal, le Vendredi 30 Octobre 2009
Dans : La photo | Le marché | Photo et video | Logiciel

Votre actualité sur Déclencheur

Déclencheur partenaire de “La Photographie”
Déclencheur est maintenant partenaire de "La Photographie" sur Facebook. Le lieu de partage de photo convivial sur Facebook.

Nouvelle boutique plus conviviale
Achetez une émission, pendant un mois, elle sera déduite si vous passez à une adhésion trimestrielle ou annuelle. Essayez Déclencheur Gold !

Déclencheur Gold à partir de 3,75 euros/mois
Plus de trois fois plus de temps d'antenne, uniquement pour les membres Déclencheur Gold. Pourquoi s'en priver ?

De Gilles le 2 novembre 2009

@Benoit (qui répond au premier post manifestement) :

Ok, pourquoi pas les deux, mais ca fait un peu lourd sur l'addition : objectif au prix fort, boitier et informatique embarqués au prix tout aussi fort, logiciel sur l'ordi et temps passé...

Alors que l'on pourrait sans doute avoir le même résultat avec un objectif et un boîtier qui ne soit pas vendu au prix de l'or pour obtenir le même résultat en post-traitement...

Un caillou comme un objectif LEICA qui a besoin d'un post-traitement interne comme un vulgaire compact... c'est peut-être justifié mais ca passe mal...

@Benoit sur ma seconde réaction :

C'est vrai que j'ai vu de gros clients basculer, mais je ne saurais dire si c'est une réelle tendance.

Personnellement je note que les habitudes jouent et que, sans revenir sur le sujet tous les deux jours, j'ai à chaque fois retrouvé mes marques... dans la même marque...

Malheureusement en pratique lorsque l'on possède un beau kit d'objectifs que l'on connaît bien, quand on voit la proximité entre les boîtiers qui se courent après, quand on voit la perte engendrée par un 'swap' sur ses cailloux... je ne pense pas que l'on soit près à changer souvent.

Une solution ?

Y-a-t'il un inconvénient à être fidèle ? Je perds quoi concrêtement en choisissant entre un 40D et un D200 par exemple ? Cela vaut-il le coût (et le coup) de changer objo et accessoire pour 2 millions de pixels ?

Acheter des objectifs 'jetables' (pas chers) ? Un peu dommage. J'aime bien mon 17-40L et un NIKON 17-55 est en dehors de mes possibilités. Est-ce une raison pour m'obliger à utiliser un EF-S 18-55 IS ou autre EF-S bien moyen ? Peut-être mais j'ai choisi et je ne regrette pas.

On remarquera aussi que CANON a été beaucoup plus stable et sage dans ses normes d'objectifs que NIKON. Deux standards chez CANON compatibles dans un sens même s'il manque un 17 ou 18 quelque chose pas cher du tout en EF et non EF-S...

Enfin, renoncer complètement à tout choix qualitatif, prendre une boitier intermédiaire D90-500D par exemple un transtandard et corriger ensuite au logiciel...

Ca s'appelle le bridge même si cette catégorie n'est pas très stable... Mais c'est pratique : petit léger, parfois bon, pas plus cher (ni moins) et plus de question existentielle.

J'ai vu de magnifiques photos faites avec des bridges qui n'avaient rien à envier à des boîtiers autrement plus couteux.
Par Gilles le Lundi 2 Novembre 2009 at 01:07 APRES MIDI
@Gilles je réponds d'abord au 2ème commentaire.
Je crois que tu lis beaucoup plus dans la note que ce que j'ai écrit. Je n'ai jamais pensé ou écrit qu'il fallait *impérativement* acheter du jetable. La question porte sur le conseil à donner aux débutants. Hier, selon moi, il était important de conseiller dès le départ l'achat d'aussi bonnes optiques que possible.
Aujourd'hui... j'ai l'impression que ça peut se défendre de raisonner autrement. Mais ça ne veut évidement pas dire que tout le monde doit le faire !

Sur Leica... c'est une marque atypique puisqu'elle est à la fois le gardien d'une certain tradition et, en même temps, vu ses tarifs, elle se doit d'utiliser tous les outils possibles pour offrir l'excellence.
Par Benoît Marchal le Lundi 2 Novembre 2009 at 01:38 APRES MIDI
De Gilles le 2 novembre 2009

@Benoit : Mes propos sur le 'jetable' ne viennent qu'en seconde position après le choix de continuer à utiliser un bon objectif de la gamme L. Je n'ai donc pas ignoré ton alternative même si j'ai été plus loquace sur cette deuxième solution... (On se comprend quand même mieux de vive voix...).

Quand à conseiller le transtandard 'moyen' au débutant, j'y réponds à ma façon avec la troisième solution qui la rapproche du Bridge en définitif (si l'offre du moment le permet). En fait, on achète un réflex avec un seul objectif (comme on achète un LEICA assez souvent avec un seul objectif adapté à son style et pour des raisons de coût) et on en fait un Bridge.

Ensuite, si je comprends bien ton raisonnement, on travaille en post-traitement à l'ordi... Bon, moi j'ai pas le temps mais pourquoi pas...

Quand au LEICA qui tirerait le meilleur des deux technologies, je dirais, on ne peut pas être (le meilleur) et avoir été (le meilleur) tout un utilisant un 'bricolage' logiciel sur des objectifs soit-disant parfaits...

Pour moi, les LEICA M ne sont pas fait pour le numérique à cause du tirage optique, de l'investissement, de l'évolution technologique et la marque roule encore un peu sur son image passée.

Remarque côté marketing, arriver à vendre des optiques à 2000 e, le boîtier à 5 500 e pour avoir besoin de passer les images au post-traitement après, chapeau l'artiste !

Tu parlais d'investissement à long terme ? Va donc voir un possesseur de M8 !...

A la fin on a gagné d'avoir un boîtier un peu plus compact qu'un reflex et surtout marqué LEICA sur le boîtier ?!

D'où le micro 4/3 qui vient dans cette niche... pour, apparemment, déjà décevoir...

Allez, on oublie la technique, on prend ce que l'on a sous la main et on sort...

Et là, on s'aperçoit que le premier problème est d'avoir un moyen de sortir vite un appareil assez discret pour ne pas se le faire voler ou interdire à la moindre occasion... Bandoulière peu discrète, housse longue à ouvrir, sac d'épaule encombrant, saccoches de ceintures inadaptées, poches trop petites ou trop poussiéreuses ou encore celles d'où tombent les appareils...
Par Gilles le Lundi 2 Novembre 2009 at 02:52 APRES MIDI
"D'où le micro 4/3 qui vient dans cette niche... pour, apparemment, déjà décevoir..." maintenant qu'ils ont sortit un boîtier correct, il ne déçoit plus du tout.
Depuis une semaine je prends mon pied, je te raconte pas. Même mon chat ronronne en le voyant !

"Tu parlais d'investissement à long terme ? Va donc voir un possesseur de M8 !..." c'est la logique d'un périphérique informatique... et si tu pousses le raisonnement, je crois que tu arriveras à une réflexion plus large que le seul boîtier même si tu n'as pas très envie de l'entendre en ce moment grin
Par Benoît Marchal le Lundi 2 Novembre 2009 at 03:14 APRES MIDI
@ewi:
Le métier du photographe argentique résidait dans le choix du boitier, de l'objectif, mais surtout dans le papier, les bains, l'agrandisseur, les temps...
Le passage au numérique n'a rien changé sur le boitier et les objectifs. Par contre le labo est passé à la souris qui elle permet infiniment plus de possibilité.

Pour ma pars je ne suis pas inquiet pour l'avenir des photographe pro.
Dans le choix des boitier et des objectifs d'une pars, le photographe pro peut ce permettre un boitier et des objectifs hors de portée du quidam et donc une base de travail de meilleur qualité.
Si un particulier ce paye la même finition, il fait tellement attention aux __matériel__ bijoux de famille qu'il ne peut parfaitement connaitre et maitriser son engin.
(Avantage donc au photographe pro)

Ensuite sur le traitement des photos, ayant une meilleur base, il appliquera des traitement beaucoup plus doux.
Ce qui lui apportera un rendu beaucoup plus convaincant.
De plus comme sur le matériel le photographe pro manipule les corrections bien plus souvent et est donc infiniment moins susceptible d'obtenir un ratage complet.
(Avantage définitif pour le pro)

Enfin pour ceux qui sont contre tous traitements,
les canons moderne de la photographie sont de moins en moins naturelle (Hi-key, HDR, panoramique long, ...)
donc oui le métier de photographe change, mais quand il y a 20 ans un traitement demandait une photographie de grande qualité et un infographiste pour finir le traitement, maintenant il n'y a plus que le photographe.
C'est donc plutôt les infographiste qui ont un sang d'encre à se faire.

@gilles:
Je ne suis pas complètement d'accord avec toi:
aujourd'hui les réflex sont encore clairement orientés photo de par leur prise en main (essai de tenir pendant 5 minutes ton boitier sans trop bouger pour filmer, tu comprendra vite qu'il n'est pas conçu pour ça)
Ensuite la vidéo depuis que l'on est en HD est très pratique ... pour prendre des photos!
Je m'explique, tu est dans un concert, il est très dur de prendre la bonne photo au bon moment.
La solution toute simple est que tu ne prend plus de photos!, tu film en HD et tu retire ta photo du film.

En 1080p/24 il y a toujours une masse énorme d'image de haute qualité à sortir et qui sont imprimable en A4 sans problème!

De mon point de vue le mode vidéo sur compact est pratique dans une utilisation familiale, mais sur un réflex est un mode rafale de rêve.
(Il permet en plus de s'affranchir des boitiers très haut de gamme avec des "mitraillettes" en rafale. Le boitier moyenne gamme dispose déjà de mieux, mais nécessite un peu plus de logiciel.

Pour ta remarque sur le choix pour un débutant:
Il ne faut pas oublier que le conseille que tu donne est vieux de plus de 20 ans (sans mesquinerie). Depuis les objectif ont fait plusieurs vraie révolutions!
Les objectifs des kits réflex ou embarqué sur les bridges sont très loin devant leurs équivalents de l'époque (les objectifs kit).
Aujourd'hui personne n'as à rougir d'utiliser l'objectif kit, ces qualités sont réels.
La grande différence par rapport a un objectif de gamme au dessus est bien souvent l'ouverture (et encore) mais surtout les matériaux utilisé pour le fut de l'objectif.
Ex Nikon:
mon 18-200mm (f3.5/5.6) kit (900€ environ) dispose d'un fut en composite plastique et d'un minimum de lentille en verre (pour des raison de poids).
Le 18-55mm (f2.8) (1800€ environ)
le fut est en métal, les bagues également, les lentille sont toutes en verres (sauf surement le groupe de mise au point).

Enfin pour les motorisations:
Il est bon de ce rappeler que les motorisations ultrasonique n'ont pas que des avantages:
Serte elle sont rapide et silencieuse (pour les humain) mains ne peuvent déplacer de grosse charge comme des groupe optique en verre.
Ces inconvénient n'existe pas avec les motorisation standard dans le boitier.
Par xavier le Lundi 2 Novembre 2009 at 03:26 APRES MIDI
Page 3 sur les 4 pages de commentaires < 1 2 3 4 > 

Nom :

Courriel:

Ville:

Site web:

M'avertir par courriel d'autres commentaires

Anti-spam, saisissez le texte ci-dessous (astuce : pour l'éviter à l'avenir enregistrez-vous) :