Les cheveux blancs de Christophe

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Les cheveux blancs de Christophe

Les cheveux blancs de Christophe

Je suis donc au Festival de Romans de l'expression sur Internet pour le week-end, comme membre du jury photo. Il y a beaucoup d'activités, de séminaires et d'ateliers. Hier soir je me suis inscrit à un dîner débat sur l'évolution des médias.

C'est un sujet vaste, c'est un beau sujet et un sujet qui me passionne. Il me passionne parce que 100% des médias auxquels je participe aujourd'hui (qu'il s'agisse de Déclencheur ou de titres informatiques) et une large part des médias que je consomme n'existaient pas et n'auraient sans doute pas pû exister sous cette forme il y 15 ans. Nous vivons donc une période d'une créativité et donc d'une richesse intellectuelle extraordinaire.

Dans la décennie écoulée les éditeurs traditionnels se sont réinventés, les maisons de production audiovisuelles aussi et de nouveaux médias sont apparus (même s'ils se battent toujours pour leur survie économique, mais c'est une autre histoire). Bref, dans un festival qui célèbre l'expression sur Internet, il y avait matière à un débat joyeux et enrichissant.

Malheureusement Christophe a lancé le débat en partant de la crise de la presse (dite) généraliste nationale. C'est convenu comme approche et puis c'est facile parce que la crise est profonde.

Je ne vais pas détailler ici ce qui a été dit hier mais, en résumant, je crois que cette crise elle est normale : dans un journal nous ne lisons pas tous les mêmes pages : sport, actualités régionales, international, culture, horoscope ou programme TV, il y avait autant de lecture du journal qu'il n'y a de rubriques. Et, j'en ai la conviction, dans un monde où tous les médias sont à portée de clic, cette diversité est mieux servie par des titres spécialisés. Et je me compose un journal plus qualitatif, plus fouillé, plus analytique en allant lire l'analyse détaillée d'une exposition sur un médias 100% culturel suivi d'un fait d'actualité rapporté par la presse locale à l'événement, voire par les acteurs terrain eux-mêmes. A l'inverse, si je veux survoler beaucoup de sujets rapidement, il y a 20 minutes.

Sans compter que si, de tout temps, nous avons compté sur les amis et radio bistrot pour filtrer l'information et nous alerter en cas d'événements, nous disposons aujourd'hui de nouveaux outils pour faire jouer ce relai social. A tel point que certains n'hésitent pas à conseiller d'éviter la presse généraliste en lui substituant des lectures plus culturelles, traitant de sujets de fond.

Bref, nos habitudes de lecture ont changé parce que l'accès aux médias à changé. Soit nous voulons du très rapide, soit nous voulons une vraie analyse et une vraie profondeur de traitement qui est incompatible avec la notion de presse généraliste. Je crois que nous voulons une presse plus spécialisée, plus pointue parce qu'alors qu'il y a dix ans nous achetions un seul journal aujourd'hui nous pouvons consulter plusieurs dizaines de titres spécialisés (et la presse locale est une forme de spécialisation).

Il y a donc des métiers qui vont changer, il y a de nouveaux métiers à inventer. Certes on peut regretter la disparition de certains titres et, à titre personnel, on doit compatir avec les journalistes impliqués mais, à côté de ces situations malheureuses, il y a matière à célébrer une créativité, une richesse nouvelle.

Et les cheveux blancs de Christophe ? En entendant l'introduction du débat j'ai dit à Eric que Christophe avait des cheveux blancs parce qu'il abordait la discussion sous un angle... dépassé.

Je ne suis pas certain que nous sommes parvenus à dégager une conclusion hier soir mais je crois que nous avons recadré la discussion dans une direction positive. Avec de belles interventions sur la presse locale, sur la lecture des jeunes, sur les communautés et votre serviteur qui parlait de presse spécialisée. Ce qui me réjouit : dans un festival de l'expression, l'optimiste est de mise.

Par Benoît Marchal, le Samedi 19 Avril 2008
Dans : Déclencheur | Vie hors ligne | Medias

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