Par Benoît Marchal, le Mardi 02 Septembre 2008, 11:45
Dans La photo, Vu, lu, entendu

Le syndrome du bébé canard

Le syndrome du bébé canard

Sous-titré : les mouvements de troupes de Panasonic et Samsung.

Le bébé canard va considérer comme sa maman le premier être qu'il voit à sa naissance. Ce peut être une cane, un homme, un lapin, peu lui importe. Il peut même s'attacher à un jouet mobile ! Les anglophones parlent parfois du syndrome du bébé canard (baby duck syndrom) pour désigner l'attachement d'une personne à son premier système d'exploitation ou, pour un programmeur, à son premier langage de programmation.

Or le même phénomène se retrouve peut-être en photo. Je ne compte plus les auditeurs qui m'ont expliqué avoir débuté sérieusement avec un reflex et, pour eux, un appareil photo est et restera toujours un reflex.

Ce qui, au milieu des dernières annonces, me fait réfléchir... mon premier appareil photo était un Instamatic 110. Vous vous souvenez peut-être de ces petits appareils très plats. Quand j'ai commencé à m'intéresser vraiment à la photo, j'ai récupéré un vieil appareil de mon grand père. Un modèle frustre, de fabrication allemande acceptant les bobines 135mm. Il n'y avait ni cellule pour la mesure de l'exposition, ni autofocus, ni télémètre et la focale était fixe. Tous les réglages se faisaient donc au jugé. C'est avec ce dernier que j'ai appris à développer et tirer les photos.

Ces deux appareils partageaient certaines qualités. En particulier, ils étaient compacts, limités et disposaient d'un viseur optique. La compacité incite à toujours avoir l'appareil sur soi et pousse à photographier d'avantage. A une époque ce vieil allemand et moi étions inséparables.

Ensuite ce boîtier n'avait aucun accessoire et ne proposait que les réglages indispensables ce qui, certes, me ralentissait sur le plan technique mais m'incitait aussi à une certaine spontanéité. Puisqu'il n'y avait pas beaucoup de paramètres à considérer, je photographiais.

Enfin, le viseur optique souffre du défaut de la parallaxe (avec une focale fixe, on s'y habitue vite) mais il permet aussi de voir hors du cadre, d'anticiper mieux, de participer à l'événement au lieu d'en être le témoin.

Ce n'est pas l'appareil qui fait les photos et ce serait faire trop d'honneur à un boîtier quelqu'il soit que lui attribuer le mérite d'une photo réussie ou lui reprocher un échec mais il est indéniable que l'outil utilisé influence le travail. Avec le passage au reflex j'ai troqué la pochette pour un encombrant fourre-tout et, pour autant que je m'en souvienne, il m'a entraîné vers une photographie plus technique. J'y prends plaisir mais dans un coin de ma mémoire quelque chose gratte toujours pour dire "c'était bien aussi, avant."

Cette réflexion un peu nostalgique m'a fait prendre conscience que le côté pratique n'expliquait peut-être pas totalement mon enthousiasme fort relatif pour les gros boîtiers reflex.

Les deux principaux constructeurs, Nikon et Canon, continuent leur quête du meilleur reflex numérique. Ils ont raison, d'abord parce qu'ils y excellent, parce qu'il y a un marché important et, surtout, parce que le reflex a des qualités techniques indiscutables. Je ne voudrais pas les voir disparaître.

Mais un autre mouvement s'amorce qui pourrait satisfaire ma nostalgie. De plus en plus d'amateurs ont entamé leur démarche photographique avec un bridge, voire un compact numérique. Comme moi en son temps, ils s'habituent au reflex mais je me demande si quelque chose ne gratte pas dans un coin de leur mémoire. Olympus et Panasonic, avec l'annonce du micro 4/3 au début du mois d'août et Samsung hier, en sont persuadés. Samsung, par exemple, est très clair : par la voix d'un de ses vice-présidents Byung Woo Lee "la compétition avec Nikon et Canon est très difficile [...] avec ce système hybride, nous voulons créer un nouveau segment de marché." Lisez aussi les réflexions de Luc Saint-Elie sur les besoins nouveaux des amateurs.

Je ne cherche pas par cette note à relancer un enième débat sur les qualités d'un reflex numérique par rapport aux compacts mais à partager mon enthousiasme et mon impatience. Il ne s'agit pas de trouver le meilleur système (je ne crois pas qu'il y en ait dans l'absolu) mais de célébrer le choix. Parce que plus de choix, cela permet de sélectionner le boîtier en fonction des sujets à traiter, de nos goûts ou du petit canard qui gratte dans la mémoire.

Sur un plan plus pratique, je participerai à une conférence de Samsung la semaine prochaine et j'espère y trouver des informations fraîches !

Photo : Annette Shaff

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Par Nicolas Esposito , le Mardi 02 Septembre 2008, 12:58

Oui oui oui ! Il est clair que les reflex numériques sont vraiment excellents depuis plusieurs années (les très hautes sensibilités atteintes aujourd'hui en sont un exemple) et que les compacts méritent encore beaucoup de travail pour satisfaire les utilisateurs très exigeants en terme de qualité d'image. Je partage donc ton enthousiasme pour les solutions compactes. Finalement, nous aurons peut-être les fameux compacts offrant un rendu proche de celui de certains reflex (ce que Sigma a essayé de faire avec le DP1). Dommage quand même que le système Micro Four Thirds propose un rapport largeur/hauteur de 4/3. Je préfère cadrer directement en 3/2...
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Par Mutex (Bruxelles), le Jeudi 04 Septembre 2008, 10:20

Perso je considère toujours un appareil photo comme un simple outil, je ne suis pas particulièrement attaché à un type d’appareil et encore moins à une marque , tant que l’outil permet de faire de belles photos c’est le principal.

Je me suis mis sérieusement au reflex que depuis 1 an et j’ai découvert tout un nouveau monde grâce à ça.
Avant je possédais un petit compact avec lequel j’ai fait des dizaines de milliers de photos et j’appréciais son côté pratique. Ce que j’aime dans le reflex par contre c’est tout le côté technique qu’il implique.

J’ai donc décidé de concilier les 2 mondes en achetant 1 reflex et un compact, qui sont complémentaires. Le compact à emporter partout et quasi tout le temps. Et le reflex quand j’ai l’occasion (et l’envie) de faire des photos plus « recherchées »

Au prix des compacts actuellement (en regard du prix des accessoires reflex) il serait triste de se priver d’un tel petit compagnon.
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