Une simple brochure de vacances

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Une simple brochure de vacances

Nous sommes partis en vacances dans une de ces stations bien adaptées aux familles avec de jeunes enfants. A peine arrivés, on nous remet plusieurs brochures et autres documents colorés et agrémentés de force photos... de bien piètre qualité, il faut le dire. Surexposées, mal cadrées, avec des couleurs douteuses, visiblement elles ont été réalisées avec du matériel familial par une personne peu au fait de la pratique photo... ou, pour le dire autrement, je doute qu'ils aient payé pour ça.

Deux réflexions, d'abord ça n'a en rien gâché nos vacances. Relativisons donc l'importance de la photo en fonction du contexte.

Mais, et c'est peut-être plus important, la photo se banalise vraiment comme outil de communication. Il y a 10 ans, la même brochure aurait peut-être été illustrée professionnellement mais avec moins de photos ou des photos moins récentes... à moins qu'elle ne reste tout simplement sans illustration. Au risque de passer pour provocateur aux yeux de certains, j'ai l'impression que la photo suit le chemin de l'écriture : d'un outil spécialisé, manipulé par une élite formée (les scribes, les moines copistes), elle se répand dans toutes les classes de la population et pour toutes les activités.

Dans le cas de l'écriture, le mouvement s'est accompagné d'une baisse de qualité (où sont les belles enjolivures d'antan) mais aussi d'un incroyable enrichissement culturel. Peut-on espérer le même bénéfice en photo ? Cela aurait au moins le mérite de rendre la baisse de qualité plus acceptable.

Oh je sais que l'analphabétisme n'est pas éradiqué dans nos pays mais ce qui est paradoxal dans l'évolution c'est qu'aujourd'hui beaucoup de gens gagnent leur vie en écrivant mais ce n'est pas pour leur qualité d'écrivain qu'on les engage. Je pense aux comptables, aux informaticiens, aux avocats et, de façon plus générale, à tous les employés de bureau.

Bref, tout cela m'a fait repenser à ce superbe livre Going Visual qui tentait d'analyser l'impact de l'image sur la communication en entreprises.

Est-ce que le compact est le bic de demain ? La question se pose et la réponse pourrait bien être positive. Mais si c'est le cas, l'impact sur la société peut être profond, et sur bien des plans. Il y a d'abord le drame social pour la profession de photographe mais il y a aussi la mise en place de nouvelles pratiques de communication et, peut-être, le développement de nouveaux métiers.

Cette note est un rien décousue parce qu'elle évoque des ressentis. Nous avons déjà évoqué ces bouleversements sur Déclencheur, je pense notamment à l'historique de la photo avec Bernard Perrine ou encore à l'analyse des usages de la photo avec Marc Héraud. Qu'en pensez-vous ?

Par Benoît Marchal, le Lundi 21 Septembre 2009
Dans : Brainstorm | La photo | Le marché

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@Benoît : si ton distinguo entre littérature et rédaction est bien celui que je comprends, disons pour simplifier entre cours théoriques et pratiques, alors je précise que les 2 pans vont souvent de paire en école élémentaire. Par exemple les programmes prescrivent les travaux « à la manière de… » que ce soit en littérature ou en arts visuels. On observe, analyse et décortique une œuvre, que ce soit un texte (littérature, poème, slogan de pub etc.) ou une image (tableau, photo, affiche de pub etc.) pour ensuite en créer un autre « à la manière de… » et ensuite s’en détacher de plus en plus. C’est peut-être aussi l’intitulé artistique qui porte à confusion mais en école élémentaire, grâce au professeur unique, les domaines d’apprentissage sont bien moins cloisonnés que plus tard (collège, lycée). Par exemple on étudiera des affiches de pub d’un point de vue plastique en arts visuel et d’un point de vue « littéraire » en français, le tout dans un projet global. Enfin je ne suis pas certain de me faire comprendre non plus ! Par exemple il y a deux ans mes élèves ont réalisé une mini campagne de pub (affiches et radio interne de l’école) pour la vente des goûters à la récréation, ventes qui déclinaient depuis quelques temps. On a d’abord récolté, compilé, comparé plein de pubs affiches et TV. En décortiquant on a essayé d’en comprendre certains rouages (slogans, jeux de mots, part mensongère ou exagérée du texte ou de l’image, relation/complémentarité image/texte, humour etc.) Ensuite on a choisi notre angle et on à préparé, conçu et monté notre mini campagne de pub. Tout ça au niveau modeste des CM2 bien entendu. Mais même si l’intitulé était plutôt FRANCAIS et ARTS VISUELS il s’agit plus de communication que d’arts. Maintenant je ne pense pas qu’on puisse tout mettre dans les programmes de l’école, en tout cas pas dès l’école élémentaire: certains veulent y voir apparaître des cours d’économie, d’autres des cours de réseaux sociaux, d’autre de communication… Pourquoi pas, mais avec des moyens et moins d’élèves par classe alors (difficile par exemple de travailler les réseaux sociaux dans une école possedant 8 ordinateurs pour 150 élèves, avec en moyenne 22 élèves par classe et un débit internet ridicule…). Ah oui j’oubliais, une meilleure formation des enseignants aussi, s’il vous plait !
Par Lightroomreg le Mercredi 23 Septembre 2009 at 11:09 MATIN
Ce que j'observe c'est que tout le monde dit que nous sommes dans un monde d'image et que semble il ont a des cours à lire les commentaires ci dessus... et bien mes étudiants de fac ne savent pas dire d'ou vient une source lumineuse, ne voit pas un contraste fort ou faible, ne connaissent pas la notion de sensibilité ou d'ouverture, et surtout surtout sont incapables de donner plus de 3 noms (dans les meilleurs cas) de photographes

Alors y'a vraiment des questions à ce poser car pour un monde d'image les élèves sont bien mal formés à mon avis
Par Pierre MAGNE le Mercredi 23 Septembre 2009 at 11:58 MATIN
Gérald Géronimi: Si les gens ne font pas appel a un pro c'est que pour eux une photo c'est... juste une photo!

J'ai un copain qui est imprimeur et fait donc ce genre de brochures. Et en discutant avec lui, il apparait que la plupart des gens (comprendre: "des entreprises qui n'ont pas un service communication") ne voient la photo que comme une illustration "pour faire beau".

Quand il fait une affiche pour un salon, combien lui donne une image jpeg de seulement quelques centaines de pixels de large et s'étonnent ensuite du rendu pixelisé sur un poster d'1.5m de haut.

D'ailleurs il s'est mis à la photo, avec un bridge, et ses clients lui demandent à lui (imprimeur et pas photographe) de faire les photos!

Ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient payer un photographe... C'est juste une photo, et si il ne la font pas eux meme c'est parce qu'ils n'ont pas un appareil suffisamment bien pour le faire. (car c'est bien connu, c'est l'appareil qui fait la qualité de la photo, pas le photographe smile )

Ca va prendre longtemps pour adapter les mentalités...
Par Julien le Mercredi 23 Septembre 2009 at 04:12 APRES MIDI
C'est bien triste...
Par Gérald Géronimi le Mercredi 23 Septembre 2009 at 08:53 APRES MIDI
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