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Vous avez sans doute vu, ou au moins entendu parler, du post-documentaire Prêt à jeter qu'Arte a diffusé l'année passée. C'est le post-documentaire qui a ajouté un mot à notre vocabulaire collectif : obsolescence programmée.
J'avais pris beaucoup de plaisir à le regarder.
D'abord les questions environnementales me préoccupent. Ensuite je suis souvent impliqué dans la création de produits (par mes activités de consultant) et j'aime à voir comment on perçoit les inévitables compromis qui accompagnent la mise au point d'un produit.
Ayant écrit cela, et bien que j'ai pris du plaisir à le regarder, Prêt à jeter m'est tout de suite apparu comme un documentaire post-Michael Moore, c'est-à-dire un pamphlet plutôt que de l'information. J'adore, j'ai déjà eu l'occasion de m'en expliquer et puis cela nous fait réfléchir mais ce côté pamphlet implique qu'il faut garder une certaine distance avec le traitement du sujet.
Par exemple, quelques minutes de recherche montre que la fameuse ampoule centenaire a été adaptée à 4W (au lieu de 60W d'origine) pour en assurer la longévité. Un documentaire l'aurait précisé, un pamphlet préfère mettre l'accent sur d'autres sujets.
Je vous en reparle aujourd'hui parce que Le Figaro a publié une interview d'Alexandre Delaigue, «Le mythe de la fabrication à dessein de produits fragiles», qui démonte ces mécanismes. Si vous avez un peu de temps, je vous invite plutôt à lire l'article complet sur le blog d'Alexandre Delaigue : Le mythe de l'obsolescence programmée.
Première réaction : chic, un peu de débat sur le sujet. Deuxième réaction, dommage l'article d'Alexandre Delaigue me semble tout aussi orienté que le post-documentaire original, en se limitant à une analyse économique, il se prive de toute réflexion sur les questions globales pour la société. Troisième réaction (pour le seul paragraphe de conclusion) : il y a encore des gens éduqués pour croire à l'objectivité des documentaires ? Réveillez-vous, l'image ment.
Alexandre Delaigue apporte deux idées très pertinentes et qui étaient totalement absentes du post-documentaire Prêt à jeter. D'abord l'importance du compromis. Je le répète à longueur de tests sur Déclencheur, un produit n'est jamais parfait. Malgré toute la rhétorique commerciale, un produit est toujours un compromis entre des besoins variés de prix, encombrements, fonction, facilité d'utilisation, esthétique, durabilité, etc.
Pour avoir été dans de nombreuses équipes de conception, le choix et les renoncements sont toujours un déchirement. On voudrait faire mieux et plus… mais ce n'est pas possible à un moment donné et pour un prix donné. De nombreuses sociétés se sont cassés les dents à vouloir sortir un produit parfait et qui était donc toujours retardé pour incorporer la dernière innovation. D'autres se sont cassés les dents à prolonger le développement au-delà des limites de la rentabilité. Un exemple parmi d'autres ? Le Polaroid intégral.
A un moment il faut accepter de sortir un produit imparfait et de l'améliorer dans une deuxième édition. C'est frustrant pour le consommateur (mais pourquoi le D700 ne fait-il pas de la vidéo comme le D800 le fera bientôt…), c'est frustrant pour les concepteurs (parce qu'à l'époque on ne savait pas faire) mais c'est la vie.
Mais ce n'est pas tout.
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Mais comme à la bourse, les performances passées n'augurent pas des performances futures.
Je vous épargnerai mon expérience avec mon EOS 400D hors service après 18 mois et le non service client de Canon, mais je prendrai en exemple mon imprimante Canon (toujours, et oui j’étais réellement un client fidèle) BJ10e, une jet d'encre noir et blanc, achetée en 1992 et qui ne tomba en panne qu'en 2007, alors que mon autre imprimante Canon S450 (une jet d'encre couleur) achetée en 2001 a rendu l’âme en 2008.
Mais l’obsolescence programmée n'est pas elle même rendu obsolète par l'avancée technologique ?
Ma télé à tube 4/3 Philips qui a une quinzaine d'année marche encore très bien, mais après des années de résistance je viens de la remplacer par une LCD 16/9 full HD 3D tousssa.
Et là c'est pire que l’obsolescence programmée, puisque je remplace de moi meme un produit avant qu'il ne tombe en panne.
Mais rassurez vous, je garde ma télé CRT, car elle seule me permet de jouer à Duck Hunt sur ma NES de 1986...