En éditant l'interview de Marcus Bell, où il souligne l'importance d'un coaching pour dépasser ses limites (ce en quoi il a tout à fait raison) je n'ai pas pû m'empêcher de me faire la réflexion suivante :
On passe une bonne partie de notre vie à l'école où l'on apprend à donner la bonne réponse, à suivre le bon raisonnement, à fermer sa grande g* quand le prof dit une connerie (j'avoue, j'avais du mal), à réfléchir avant de parler, bref à rentrer dans le rang... est-ce qu'il faut passer le reste de notre vie avec coach et consultant pour apprendre à redevenir soi même ?
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Réflexions sur l'enseignement
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1/Un des rôles fondamentaux de l'école est justement d'apprendre à devenir soi même (au contraire de ce que tu sous entends). Du moins je conçois le métier ainsi.
En tant qu'élève j'étais plutôt sage, travailleur et je fermais ma grande g* quand le prof disait une connerie: bien dans le rang quoi.
Depuis quelques années je suis de l'autre côté du miroir et je vois régulièrement des élèves de ce type : quelle fadeur !
Ce ne sont pas eux qui font vivre et avancer la classe, on préfère rapidement les vraies personnalités, les interventions frondeuses de ceux ayant des aspérités, qui osent donner leurs opinions et idées et/ou qui osent pointer les limites.
Je rappelle souvent à mes élèves : "non je ne sais pas tout, oui je fais des erreurs" etc.
Au fond ils le savent bien mais n'osent pas le dire tout haut (du moins au départ car ensuite ils ne s'en privent pas, et c'est tant mieux).
Rien de plus ch* qu'un élève qui donne toujours la bonne réponse et qui répond toujours aux attentes supposées du système.
2/Je n'apprends pas aux élèves à "donner la bonne réponse", j'essaye de leur apprendre à chercher (et trouver si possible) une réponse.
Je n'apprends pas aux élèves "à suivre le bon raisonnement", j'essaye de leur apprendre à raisonner.
Il est vrai que malheureusement les programmes officiels de l'Education Nationale vont plutôt dans le sens que tu dis Benoît mais c'est une vision bien archaïque de l'école.
La liberté pédagogique des enseignants n'est pas remise en question (pour le moment...) et tout dépend bien entendu de la personne que les élèves ont en face d'eux.
Je ne crois pas du tout au formatage par l'école, ou alors il est seulement de façade. On travaille sur de l'humain, c'est bien plus complexe.
Il s'agit aussi d'un jeu de rôles, l'un jouant l'élève, l'autre l'enseignant. Chacun s'en tenant généralement à son statut, avec des attentes plus ou moins attendues, ou plutôt supposées attendues. Mais personne n'est dupe et les masques tombent régulièrement. Donc de là à dire qu'il faudrait "passer le reste de notre vie avec coach et consultant pour apprendre à redevenir soi même" il y a un monde. L'élève joue un rôle d'élève, et il le sait: il n'est pas formaté. Sitôt sorti du contexte il redevient lui même comme un acteur quittant la scène. On peut le regretter, ou pas, ça a ses limites, mais ça fonctionne assez bien finalement.