Pourquoi mettre ses photos en niveaux de gris?

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Pourquoi mettre ses photos en niveaux de gris?

Pourquoi mettre ses photos en niveaux de gris?

Dans notre monde tout en couleurs, le passage aux niveaux de gris communément appelé Noir et Blanc, est-il un effet de mode ou un usage raisonné d'une source incontestable de compétences venues du passé ? Ou alors une façon complètement moderne d'exprimer l'émotion ?

Avec les photos en niveaux de gris, vous entrez dans le royaume de l'esthétique, de l'image épurée, de l'image plus lisible. Pensez Japonais, une feuille blanche et quelques traces de pinceau et comparez ceci à un tableau de nos peintres européens pleins de couches de couleurs. Un petit bouillon japonais bien clair (le dashi) et une soupe paysanne de nos régions avec du chou, du lard, pommes de terre et poireaux. A l'œil je préfère souvent la légèreté des japonaiseries, pour ma bouche, je préfère la soupe de ma campagne bretonne.

En général les nouveaux photographes (venus à l'époque du numérique) ne connaissent du N&B que le fameux sépia. Les anciens avaient développé toute une série de méthodes et de procédures pour obtenir d'une façon régulière et répétitive des effets de niveau de gris. Chaque professionnel avait sa personnalité reconnaissable à travers ses effets ; il sortait du lot commun.

Pourquoi ne pas en profiter pour se construire un style personnel en utilisant tout ou partie de leurs méthodes ?

A chacun son style de niveaux de gris. Prenez ces professionnels reconnus.

Je ne peux pas reproduire ici une photo de ces artistes. Je vous propose à la place une de mes photos réalisée au 35mm, à l'aquarium de Vannes dans le Morbihan : Macro d'un croco (Distance au sujet = épaisseur de la vitre…). L'original en couleur et la version N&B avec l'effet Karl Blossfeldt réalisée avec Lightroom, puis la version de Silver Efex Pro 2® de Nik Software avec un effet cyanotype bleuté sur un film Kodak 100Tmax et un papier Ilford . Le tout réalisé virtuellement sur mon Mac et pas dans la cuve de produits chimiques.

Dans celle en N&B vous ne pouvez détacher vos yeux de la canine montante de ce crocodile du Nil, alors que dans la version couleur, c'est l'ensemble qui vous touche. Avec la version bleue je dois vous surprendre, non ?

Crocodile noir et blanc

De même chaque film monté dans le boitier avait (a) des caractéristiques différentes. Par exemple le grain n'était pas le même avec un film Kodak 100 TMAX pro et un Tri-X 400TX Pro. Il faut pouvoir créer ces effets avec le logiciel, si le boitier numérique ne possède pas déjà des modes 'scènes' ayant ces caractéristiques.

Ensuite il a les effets dûs aux papiers utilisés lors du tirage final, il existe des papiers qui renforcent les tons chauds, d'autres les tons froids.

Il y a aussi les techniques finales du tirage, comme les bords brûlés, le vignettage, le virage avec les tons Silver ou l'argent métal qui fera le fameux Sépia. On faisait cela à l'époque par sulfuration, là on fera ceci dans un menu.

Les Virages spéciaux qui consistent à remplacer le sel d'argent initial par d'autres métaux comme le sélénium pour augmenter les contrastes et changer les tonalités, ne se trouvent pas dans tous les logiciels il faut chercher des 'presets' réalisés par d'autres photographes. Les virages aux sels d'or qui fournissaient des images bleutées avec des tonalités très variées suivant les papiers utilisés et surtout une forte augmentation de la durée de vie de ce tirage papier ne se trouvent en général pas dans les menus, mais cherchez quand même. On peut tout faire soit même avec le menu 'virage' disponible dans tous vos logiciels dont Lightroom. Il suffit de connaître quelques anciens trucs : par exemple pour le virage sélénium et celui au sulfate de cuivre on obtient l'image plus bleutée pour l'un et rougeâtre pour l'autre, à vous de choisir votre teinte et d'agir sur le bon curseur.

Essayez de retrouver le Hors Série numéro 10 de Réponse photo pour en savoir plus. Ce groupe de fanas vous a concocté des 'presets' pour lightroom permettant de réaliser en 1 clic ces effets allez ensuite présenter vos travaux sur le site de la vie en gris les commentaires et les critiques vont fuser rapidement et vous faire faire des progrès.

Un autre exemple, visible à Roubaix au musée La piscine.

Du 18 février au 20 mai, le maestro Picasso face à l'objectif de David Duncan. Venu photographier en couleurs les tableaux pour en réaliser des livres, Duncan s'immerge dans la famille Picasso et nous offre une vision de cette intimité créatrice en N&B sur une durée de 17ans. Son appareil silencieux prévu pour les photos de guerre (Corée, Vietnam) le Leica M3Ds (D pour Duncan) avec l'objectif Nikkor 35mm, ouverture f:6.3, film Tri-X400, priorité ouverture avec une vitesse voisine de 1/125s dans les intérieurs. Ducan vous expliquera dans une vidéo, qu'il a choisi le N&B car il peut dominer l'expression du sujet, ses intentions par sa technique au tirage et au développement.

Allez voir ces 157 clichés en N&B où Picasso se détache au milieu du grand bazar qui encombre son quotidien. Duncan ne nous dit pas pourquoi il n'a pas utilisé la couleur, alors je vous donne la réponse technique : parce que les modifications fortes des tonalités et des contrastes donneront des couleurs improbables alors que les niveaux de gris eux seront toujours acceptés surtout s'ils renforcent la présence du/des sujets. Avec le N&B on va donc montrer autre chose qu'avec la photo couleur. Vous verrez aussi qu'il est plus facile de mémoriser une image N&B que la même en couleur, car l'essentiel se détache mieux en N&B.

Comment mettre les photos en noir et blanc ?

De base nos appareils numériques ne voient qu'en niveaux de gris, c'est en interposant des filtres rouge, vert et bleu que les couleurs sont inventées au gré des choix des ingénieurs qui développent les microcodes qui peuplent nos appareils.

  • La première méthode est de reprendre ces 3 valeurs reçues en enlevant la conversion vers une couleur puis en choisissant un pourcentage de chacun de ces canaux pour faire des changements de tonalité. Les fans de Gimp ou de Photoshop CS connaissent le mode "niveaux de gris" et la sélection rouge 30%, vert 59% et bleu 11% qui fonctionne bien.
  • La deuxième c'est la désaturation. Les canaux de couleurs sont mélangés dans des pourcentages égaux de 33%. On doit donc s'attendre à un autre résultat que la première méthode : on a un contraste différent, mais aussi plus de bruit car il y a plus de bruit dans le rouge et le bleu en général.
  • La troisième est la décomposition RVB on ne prend que les rouges pour faire l'image par exemple.
  • La dernière est l'utilisation TSV : on décompose l'image en Teintes, Saturation et en Valeurs de chaque point, ceci va créer une image avec les valeurs comme niveau de gris de chaque pixel.

Chaque logiciel utilisera ces méthodes plus des combinaisons et des variations par curseurs pour obtenir une image conforme à vos idées. Nous verrons cela prochainement avec Lightroom d'abord puis le PluginSilver Efex Pro 2® de Nik Software.

Par courtox, le Mercredi 21 Mars 2012
Dans : La photo | Logiciel

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Pourquoi parler de niveaux de gris et proposé des photos en couleurs ???? Marron, vert, bleu. C'est pas du gris.
Par nicolas le Mercredi 21 Mars 2012 at 09:20 APRES MIDI
Bonjour Nicolas,
bonne remarque, le niveau de gris est la base de la réflexion. La photo couleurs elle possède des 'vraies' couleurs, ce que tu peux voir dans la photo originale avec des verts, jaunes, et noirs. Ensuite quand enlève l'effet des filtres coloras de nos appareils, il reste une information monochrome, l'artiste peu choisir d'interpréter ces chiffres avec des gris purs ou des gris teintés comme les anciens c'est à dire avec un peu de rouge ou de bleu. Pour le titre effectivement 'Photos monochromes' serait plus approprié, mais je préfère 'niveaux de gris' car l'ajout de la couleur ne se fait qu'à la fin du processus quand on choisi le type de tirage et le papier à simuler avec le logiciel

Merci pour ta remarque

Par courtox le Jeudi 22 Mars 2012 at 01:26 APRES MIDI
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