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Si j'écoutais mes élèves je referais chaque année la même chose. Comme ils ont accès à ce qu'ont pratiqué les CM2 (expositions, discussions à la récré etc.), l'année suivante, lorsque les CM1 arrivent en CM2 j'ai toujours droit à «on pourra faire ceci ou cela comme vos élèves de l'année dernière… ?»
Je veux bien être ouvert, laisser une bonne place aux choix des élèves, mais pas recommencer éternellement la même chose !
Donc je cherche de nouvelles idées, des approches différentes. Non pas pour faire quelque chose d’extraordinaire ou de purement original, serait-ce possible ou même bien utile d'ailleurs ? J'essaye juste de ne pas tomber dans une routine qui m'ennuierait, ce qui se traduirait par un échange pédagogique moins intéressant pour mes élèves.
C’est en tout cas mon approche du métier : j’ai besoin de ce renouvellement pour rester en éveil, pour garder une certaine fraicheur et surtout du plaisir dans mon enseignement. Côté apprenant comme côté enseignant le plaisir est une notion essentielle, dans tout apprentissage. Et ce plaisir partagé n’arrive pas par magie, il se construit, ce qui n’exclut pas les efforts, bien au contraire.
Certes il faut se faire plaisir, mais pas trop…
Bien sûr il y a en premier lieu les programmes officiels à respecter. Mais autant certaines matières comme les mathématiques ou le français y sont très cadrées, autant les disciplines artistiques comme la photo y sont présentées avec bien plus de souplesse, ce qui laisse une large part d'initiative.
Il faut aussi s’adapter à la classe. S’il est évident qu’on n’enseigne pas les mêmes savoirs à des CE1 qu’à des CM2, il est tout aussi évident qu’on ne les enseigne pas de la même manière. Autre évidence : on travaille différemment à 18 qu'à 25.
Ce qui est moins évident c’est qu’on n’enseigne pas non plus la même chose de la même manière au même niveau de classe d’une année sur l’autre. Je m’explique : la vie d’un groupe est une «mécanique» complexe. Chaque année la classe est, de facto, différente : on y sent un pouls différent, des relations différentes, des orientations et sensibilités globales différentes. Pour faire un raccourci volontaire je dirais par exemple que cette année ma classe est très agitée, d’un comportement difficile, d’un niveau global faible. J’adapte donc ma façon d’enseigner, la façon d'aborder certains des enseignements pratiqués. C’est non seulement une base du métier mais aussi une liberté.
Une expression un peu pompeuse qui n’exprime qu’une chose : l'enseignant est libre dans le choix de ses méthodes pédagogiques (mais pas dans les contenus). C’est fondamental. Cela ouvre grand les possibilités. Ainsi par exemple je peux étudier moult choses obligatoires à travers un projet photo, même si la pratique photographique en tant que telle n’est pas inscrite aux programmes.
Mais qui dit liberté pédagogique, dit responsabilité pédagogique. C’est également essentiel : j’ai le choix d'enseigner comme je l’entends, mais je suis responsable de ma façon d’enseigner, qui se doit d’être efficace.
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