Olympus PEN, regard sur une nouvelle génération d’APN

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Olympus PEN, regard sur une nouvelle génération d’APN

Olympus PEN, regard sur une nouvelle génération d’APN

Avec la gamme PEN, Olympus puise dans son expérience et son histoire pour construire une nouvelle génération d'APNs qui tentent de répondre aux besoins des amateurs exigeants aujourd'hui. Enfin.

Esthétiquement l'Olympus PEN est une réussite totale. Le design est intemporel, tout à la fois traditionnel et moderne. Il est rare qu'on m'interpelle en rue pour me dire "quel beau boîtier," et pourtant en seulement quelques semaines avec le PEN, j'ai failli m'y habituer.

Mais le plus important dans un boîtier est à l'intérieur. Dans l'absolu l'Olympus PEN EP-1 que j'ai testé est un bon boîtier. Sur bien des plans, notamment grâce à sa compacité et son efficace mode de visée LiveView, je le trouve mieux adapté à ma pratique de la photo que bien des reflex. Mais il faut reconnaître que son autofocus est en retrait sur la concurrence, c'est-à-dire le Panasonic GF1. Et c'est dommage parce que ça le prive des principaux avantages des boîtiers modernes.

Vous savez que de l'époque argentique je ne regrette (presque) que ces superbes compacts (pour utiliser un jargon moderne) qui traînaient dans la famille ou aux puces et qui m'ont donné le virus de la photo. Des boîtiers simples mais très légers et efficaces. C'est avec beaucoup de plaisir que j'assiste à leur renaissance avec la famille Micro 4/3 et les offres de Sigma et Samsung.

Fort logiquement je me suis rapidement équipé d'un Panasonic Lumix GF1 blanc, son 20mm pancake et le 45mm macro et je ne taris pas d'éloge sur cette configuration. Avoir toujours sur soi un boîtier performant est un plaisir que je re-découvre avec délectation après quelques années de tyranie reflex. Je prends même goût à la vidéo.

Suite à ce test étendu du GF1, vous avez été nombreux à me demander de le comparer aux Olympus PEN. Visiblement l'idée d'un boîtier compact en complément du reflex séduit et la question se pose : lequel choisir ? J'ai donc emprunté un PEN EP-1 pour un essai. Notez que le PEN EP-2 et le tout nouveau EP-L1 que j'ai pu voir en conférence partagent la même électronique, je m'attends à des conclusions similaires.

Ce qui surprend dès la découverte de l'appareil c'est le poids. Les PEN EP-1 et EP-2 sont tout en métal et ils sont relativement lourds ! Bien plus lourd que leur taille ne le laisse supposer. S'en dégage une impression de solidité mais les poches apprécient un peu moins. Le nouveau PEN EP-L1 est lui beaucoup plus léger.

Deuxième surprise, l'autofocus est lent et mal à l'aise en basse lumière. Malgré une mise à jour firmware (étonnament difficile à réaliser d'ailleurs) censée améliorer les résultats, le PEN est systématiquement en retrait face au GF1 et aux reflex entrée de gamme. C'est un des trois reproches majeurs que je formule sur les PEN et c'est, selon moi, une raison de bien le comparer à un GF1 avant achat. Bien entendu on peut me répondre que l'autofocus n'est pas critique, que ces vieux compacts argentiques que j'aime tant en étaient dépourvus, il n'empêche au XXIè siècle l'autofocus est rentré dans les habitudes. Au quotidien celui du PEN m'a gêné.

Pour être honnête le problème est moins la lenteur de l'autofocus qu'un aspect... peu rassurant. Je m'explique. Le GF1, comme un reflex, se bloque sur l'image nette dès qu'il a acquis le point. C'est une confirmation visuelle et immédiate de la netteté.

Le PEN, par contre, bipe joyeusement pour confirmer qu'il a réalisé le point mais l'objectif le dépasse et revient sur la netteté. En clair, l'autofocus pompe comme sur un compact. Et lorsque le PEN bipe pour confirmer le point, l'image est floue à l'écran, il n'y a pas de confirmation visuelle. Si on a confiance dans l'autofocus, il suffit d'enfoncer le déclencheur dès le bip, sinon il faut attendre. En pratique il faut donc choisir entre travailler avec le seul colimateur central ou se résigner à une certaine lenteur. C'est particulièrement gênant en extension, l'appareil à bout de bras, et dans toutes les autres situations où les nouveaux modes autofocus, comme la détection de visage, font merveille.

En basse lumière la situation se dégrade encore et l'autofocus du PEN patine énormément. Il faut alors activement chercher un point de contraste élevé dans l'image, faire le point et recadrer. Bref, l'autofocus des PEN n'est pas rédhibitoire comparé à un compact mais, objectivement, le GF1 s'en sort bien mieux. Si le PEN vient compléter un reflex à l'autofocus performant, ce sera une source de frustration. Olympus est conscient du problème et développe une solution qui passera, m'a-t-on expliqué, par une nouvelle motorisation des optiques. Pas grand chose à attendre des mises à jour firmware donc.

Ses deux autres limites, le PEN EP-1 les partage avec le GF1. Tout d'abord le PEN utilise un format RAW propriétaire. Je ne m'étendrai pas ici sur ce problème, je vous renvoie au test du Panasonic GF1 qui détaille les risques et les limites de cette approche. Il est particulièrement aigu pour des boîtiers destinés aux amateurs.

Enfin la gamme optique reste très étroite et, malheureusement, loin de se compléter Olympus et Panasonic doublent les références : 14-42mm chez Olympus et 14-15mm chez Panasonic, 17mm chez Olympus et 20mm chez Panasonic, 9-18mm chez Olympus 7-14mm chez Panasonic, etc. Bien que la compatibilité entre les marques soit totale, il n'est pas réaliste de piocher dans la gamme de l'un pour compenser les manques de l'autre. Ce n'est pas vraiment gênant sur un second boîtier (il suffit de ressortir le reflex quand une optique manque) mais c'est un vrai handicap si le PEN est votre seul boîtier.

Comme Panasonic, Olympus privilégie les petits objectifs pour le PEN, le 17mm est de type pancake et le 12-42mm se déploie, à la manière des objectifs de compact. C'est tout à fait cohérent avec l'idée d'un boîtier léger que l'on garde sur soi. Notons que seul le 17mm pancake est assez étroit pour tenir dans mes poches.

Ce qui m'amène au sujet qui fâche : le viseur. Je sais que j'ai un point de vue polémique sur le sujet mais ces quelques semaines avec le PEN ont confirmé ma conviction : sur ces petits boîtiers nul besoin de viseur optique ou électronique. Je regrette donc qu'Olympus livre systématiquement un viseur électronique avec le PEN EP-2 et un viseur optique en kit avec le 17mm. C'est un surcoût totalement inutile.

C'est un point de vue polémique mais je l'assume et je peux le justifier à l'aune de l'utilisation. Bien sûr le viseur rassure. Sans viseur il faut apprendre de nouveaux gestes parce qu'on cadre différemment sur écran. Bien sûr la visée sur écran sollicite davantage la stabilisation. Mais bien maîtrisée la visée sur écran est efficace, discrète et bien adaptée à la taille de ces boîtiers. Cela mérite de faire l'effort d'apprendre ces nouveaux gestes.

Et au télé me direz-vous ? Je vous répondrai qu'il n'y a pas de télé assez lumineux pour me tenter au format Micro 4/3 (toujours cette gamme optique étroite) et, plus fondamentalement je ne suis pas certain qu'un gros télé soit à l'aise sur un aussi petit boîtier. C'est tout le concept du second boîtier et je constate que je sors mon reflex pour le travail au télé.

Excellente nouvelle par contre, le PEN EP-2 et le PEN EP-L1 acceptent une connexion micro en lieu et place du viseur. Si vous travaillez en vidéo, c'est un atout important. Notez que je n'ai pas pû tester cet accessoire.

La griffe flash est elle aussi mise à contribution puisque seul le PEN EP-L1 est équipé d'un flash intégré, les PEN EP-1 et EP-2 s'appuient sur un minuscule flash externe, le FL-14. Il est petit mais c'est un objet de plus en poche. Le PEN EP-L1 est nettement plus attractif puisqu'il permet de contrôler des flashs sans fil et de réaliser des éclairages créatifs avec quelques flashs déportés.

En conclusion, que penser de l'Olympus PEN EP-1 et de ses confrères EP-2 et EP-L1 ? Tout d'abord, et c'est sans doute le plus important, que le plaisir de compléter votre reflex par un boîtier plus compact mais néanmoins qualitatif est réel. Olympus parle d'un nouveau système photo, je crois que c'est à une re-découverte de la photo, plus spontanée, plus fréquente, plus amusante que vous invitent ces boîtiers.

Le marché est naissant et le choix est donc limité. J'exclus d'emblée les Panasonic G1 et GH1 qui sont trop encombrants. Du peu que je l'ai manipulé, le Samsung NX10 ressemble à un bridge et son ergonomie ne m'a pas immédiatement séduite. Quant aux Sigma DP-1 et DP-2 leur focale fixe en limite l'intérêt. Il reste donc en compétition la gamme des Olympus PEN et le Panasonic GF1. Les PENs ont quelques atouts et, en particulier, la possibilité de brancher un micro externe (pour le PEN EP-2 et le PEN EP-L1 uniquement) et une esthétique à faire pâlir la concurrence. Mais cela se paie par un autofocus en retrait et un tarif plus élevé. Le PEN EP-2 est particulièrement pénalisé sur le plan du prix puisqu'il est systématiquement livré avec un viseur électronique.

Entre PEN et GF1, à vous de choisir donc mais n'attendez pas et embarquez dans l'aventure photographique de ces nouveaux boîtiers aujourd'hui.

Par Benoît Marchal, le Jeudi 4 Février 2010
Dans : La photo | Boîtier | Micro 4/3 et cie

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J'ai depuis octobre un GF1 (avec le 14-45mm et bientôt le 20mm) et en suis vraiment très satisfait. Je constate seulement que le GF1 est bien né avec peu de défauts de conception à sa naissance... (ce qui ne me fait pas regretter cet achat) par rapport aux modèles équivalents chez Olympus (EP1... puis EP2... puis EP-L1(!)) Mais après quoi court donc cette marque?

Je partage vos avis sur le GF1 que j'ai lus...dès le début.
Habitué à la visée reflex avec mes om2 et om4 argentiques d'Olympus(!) passé enfin au numérique je me suis vite adapté à la visée par l'écran arrière et à ces "nouveaux gestes" auxquels vous faîtes référence et ça ne me gêne pas dans la plupart des cas de prise de vue, mais j'avoue que dans certains cas (soleil dans le dos) un viseur est ponctuellement nécessaire à moins de viser "au jugé"! Alors à quand un GF...2 avec un petit viseur optionnel de grande qualité et à un coût raisonnable?
(Olympus vend le sien en option à 300/350 euros!)

Moi ce qui me plaît dans le GF1 par exemple c'est sa polyvalence d'emploi (même si elle a un coût je le sais): tantôt compact et discret avec le 20mm dans une grande poche, on photographie alors léger... tantôt se la jouant "réflex" puisqu'à objectifs interchangeables (optiques fixes ou zooms) sans compter l'infinité des possibles grâce aux bagues d'adaptation permettant d'utiliser par exemple de vieux cailloux... Non vraiment je trouve ce concept très intéressant...
Par Cyan le Vendredi 5 Février 2010 at 08:42 APRES MIDI
@cyan : il y a un viseur optionnel pour le GF1, comme pour le PEN, il est assez cher.
Une astuce plus pratique que le viseur (qu'il faut avoir sur soi, monter, etc.) avec le soleil dans le dos : décalez-vous légèrement sur la gauche ou la droite, sans bouger le boîtier (donc les bras fléchissent pour compenser). De ce nouveau point de vue, le reflet du soleil devrait sortir de l'écran.
Par Benoît Marchal le Vendredi 5 Février 2010 at 09:16 APRES MIDI
Le viseur de Pana se trouve maintenant à 150 euros et même si sa qualité est moins bonne que celle de l'EVF2 d'olympus, il permet de cadrer et de voir l'effet de la map et est orientable (permet de cadrer quand même quand on ne peut pas reculer par exemple façon Rolleiflex).C'est ce qu'on demande à un tel accessoire non... la belle image on la regarde après sur le bel écran que Pana a conçu de meilleure qualité d'ailleurs qu'Olympus pour l'EP1/EP2. Ce viseur est vendu par Olympus la moitié du prix d'un boîtier nu d'EP1/EP2 c'est prohibitif non!?

Cadrer le soleil dans le dos c'est à dire qu'on reporte l'ombre portée de notre tête sur l'écran afin d'éviter que le soleil ne se reflète sur l'écran, c'est ça?
Par Cyan le Vendredi 5 Février 2010 at 11:07 APRES MIDI
On peut parfois jouer sur l'ombre mais, plus simplement, le reflet est visible sous certains angles et pas sous d'autres. En poussant l'idée jusqu'à l'absurde, si vous tournez de l'écran vers l'objectif autour d'un boîtier immobile vous verrez que le reflet se déplace sur l'écran et parfois disparaît.
Jusqu'à présent j'ai constaté qu'un petit déplacement sur la gauche ou droite permettait d'éviter (ou au moins de les minimiser très fort) les reflets gênants dans tous les cas. C'est peut-être moins vrai dans les régions fortement ensoleillées mais c'est à essayer.
Par Benoît Marchal le Vendredi 5 Février 2010 at 11:36 APRES MIDI
Merci, j'essaierai dès que possible...

Je compte aussi essayer prochainement le GF1 et la visée écran avec effet loupe facilitant la map manuelle avec... bague NOVOFLEX+OM Zuiko 200mm f4 (équivalent 400mm en 24x36). Certains objectifs d'Olympus (de mes OM2 et OM4)étaient déjà très compacts et légers à l'époque et le GF1 ne me paraît pas déséquilibré tant que cela équipé ainsi car il est quand même plus gros qu' un compact (et ne peut être classé dans cette catégorie). Et shooter en 400mm même avec un micro 4/3 me semble bien aller à la polyvalence de ce type d'appareil entre compact et réflex. Cela donne ça ici:
http://www.flickr.com/photos/zuiko21/4190085211/
Par Cyan le Samedi 6 Février 2010 at 10:15 MATIN
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