Par Benoît Marchal, le Jeudi 20 Novembre 2008, 10:09
Dans La photo, Vie en ligne

Lumix G1 : le pari

Lumix G1 : le pari

Dix euros, c'est ce que Luc et moi venons de parier sur l'avenir du viseur dans les modèles grand public à l'horizon de 5 ans. Luc parie pour, je parie contre.

Internet est un formidable outil de communication. Bien utilisé, il renforce la cohérence entre un industriel, ses clients, ses prospects et, de façon plus large, la communauté dans laquelle il s'inscrit. J'ai eu la chance, il y a plus de 10 ans, de signer un client formidable : le département communication de Netscape à Mountain View. C'était l'époque où Netscape réinventait le monde et ça m'a donné l'occasion de voir de l'intérieur et de participer à la mise en place de ses stratégies. J'ai ensuite travaillé pour Sun, Rational, IBM et quelques start-ups aujourd'hui disparues.

Ayant baigné dans la soupe depuis plus de 10 ans, le conservatisme des acteurs de la photo sur le web reste un choc pour moi. Il y a les sites corporate, catalogues de produits sans imagination (utile mais un peu léger), il y a quelques sites dit-communautaires qui ressemblent furieusement aux premiers couverts d'une couche de peinture web 2.0 toute écaillée (autant aller sur Facebook comme tant de français) et puis il y a le blog de Luc qui détonne positivement dans le paysage. Je ne compte évidemment pas les nombreux et excellents forums tenus avec talent par des passionnés, je parle bien ici des initiatives industrielles.

Le blog de Luc détonne parce qu'il parle sans trop de langue de bois et avec passion des produits Panasonic et il encourage les échanges. Dans d'autres industries, c'est le minimum syndical. En photo, c'est une petite révolution. Bravo donc à Luc et à Pana.

Bref, c'est ce qui nous amène au pari. J'ai il y a quelques temps formulé mon opinion sur le Lumix G1. En résumé, un bien bel effort mais pourquoi diable avoir construit ce boîtier autour d'un viseur et d'une ergonomie aussi traditionnelle ? Il aurait été logique de poursuivre la révolution jusqu'au bout en proposant le premier appareil ambitieux s'appuyant sur l'ergonomie phénoménale (sans moquerie, je le pense) de l'écran arrière.

Il me semble en effet que le public ciblé, à savoir monsieur-et-madame-tout-le-monde qui prend du plaisir à la photo, sera mieux servi par une ergonomie construite autour de ses habitudes : la prise de vue à bout de bras qu'autour d'une forme datant des années '50. Un viseur, oui, mais sur un Lumix G "expert" ce que le G1, Panasonic ne cesse de le répéter, ne prétend pas être. Bref, le viseur (réflexe conservateur) détonne dans un boîtier par ailleurs non-orthodoxe.

Luc n'a pas aimé (il avait annoncé sur Facebook qu'il était en pétard hier, ceci expliquant peut-être cela) et, dans un commentaire fustige mon incapacité à imaginer que ceux qui n’appartiennent pas à l’élite techno-photographique puissent eux aussi avoir droit à de la sophistication (sic). Une déformation de mes propos que je trouve d'autant plus injuste que je tiens habituellement un discours très modéré sur le sujet. J'aime, au contraire, à répéter qu'il n'y a pas de bon matériel dans l'absolu mais qu'il faut raisonner par rapport aux besoins, aux habitudes, aux goûts, au projet photographique. Ce que j'avais d'ailleurs essayé de faire dans la note, partant simplement d'une hypothèse différente de celle des équipes de Panasonic.

Mais, et c'est ça la magie du truc, nous avons débattu, par commentaires interposés, pour sortir de la caricature et clarifier nos points de vue. In fine la différence est simple : je suis convaincu que le viseur, pour le marché grand public, est un réflexe conservateur et que d'autres voies sont à explorer.

Luc quant à lui juge le viseur indispensable pour photographier en contre-jour, pour les journées ensoleillées en été ou pour la photo au super-télé.

Ce qui nous amène au pari. Impossible évidemment de trancher entre les deux hypothèses sur base des données actuelles. Nous pourrions en débattre jusqu'à l'épuisement mais je doute que nous parvenions à nous convaincre l'un l'autre. Il faudrait pouvoir se projeter dans 5 ans... Nous avons donc parié 10 euros que, dans 5 ans, la plupart des G seront vendus sans viseur (ou alors un petit truc en plastique minable, juste pour calmer les conservateurs), en s'appuyant sur l'ergonomie d'une visée LiveView par l'écran arrière. Et vous êtes tous témoins du pari.

Par-delà le pari qui m'amuse plutôt (je parie rarement), c'est sur le côté enrichissant de ces échanges que je veux mettre l'accent. Parce que c'est en débattant publiquement de la sorte que les idées se clarifient et s'imposent. Du choc des idées naît la lumière, sur ce plan Pana n'a rien de conservateur.

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Par Skywalker (Champigny sur Marne), le Vendredi 21 Novembre 2008, 15:59

La photo n'est pas de la vidéo !
On voit disparaitre le viseur dans les camescopes mais la photo suppose aussi l'instantaneité difficile à réaliser en photographiant à bout de bras.
Donc je parie (10€) que le viseur restera.
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Par koalalumpur (Bourg en Bresse), le Mercredi 03 Décembre 2008, 23:36

Juste une petit mot pour dire que utilisateur d'un bridge, si j'utilise effectivement souvent l'ecran orientable pour prendre des photos a hauteur de taille, le viseur me reste trés utile. Il comporte quelque chose que l'ecran ne peu pas avoir: un reglage dioptrique, pour toutes les fois ou je n'ai pas le temps de sortir mes lunettes. Dedans je vois net si je regarde l'ecran sans lunette, je vois des taches colorées. Donc pour les plus de 40 ans le viseur risque d'avoir encore un avenir smile et comme on vit de plus en plus vieux!!
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Par Skywalker , le Jeudi 04 Décembre 2008, 09:47

Effectivement tu as raison pour les porteurs de lunettes qui les ont dans les poches..
Cependant ce qui justifie le viseur est la discrétion.
Difficile d'être discret quand on a l'appareil a bout de bras.
Maintenant on peut aussi répondre deux choses:
1) le fait de tenir l'appareil à bout de bras affirme beaucoup plus le fait de prendre la photo, le sujet ne pouvant l'ignorer.
2) on peut également moins se faire remarquer (dans les endroits touristiques) dans la forêt de bras levés.
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