Le libre c’est bien mais…

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Le libre c’est bien mais…

Mon ami Patrick Moll a publié un article courageux : Logiciels gratuits, une fausse bonne idée pour développer les RAW. Courageux parce que dire ce qu'on pense du logiciel libre, quand on n'en pense pas que du bien, c'est plus dangereux encore que critiquer Apple devant un MacUser.

Je vais être lâche mais franc : je me moque complètement de la qualité ou de la non-qualité des dérawtiseurs libres donc inutile de laisser des commentaires sanglants ci-dessous. Gardez votre verve pour Patrick.

Mais Patrick met le doigt sur deux choses qui me dérangent également et il a raison de les dénoncer.

D'abord la plupart de mes amis photographes n'hésitent pas à dépenser des montants parfois très élevés dans du matériel photo, boîtiers, objectifs, trépieds, mais ils rechignent à mettre le moindre centime dans tous les autres produits qui auront un impact aussi important sur leurs images comme des logiciels, une galerie photo, une sauvegarde, un tirage ou de l'information.

On me reprochera peut-être d'avoir un argument intéressé puisque je vends de l'information avec Déclencheur Gold mais je pense vraiment qu'il faut se poser la question de la finalité et de l'équilibre. Qu'est-ce qui améliorera mes photos ? Un xième objectif ? Apprendre à mieux utiliser ceux que j'ai déjà ? Traiter mieux mes photos ?

Je ne suis bien entendu pas en train d'écrire qu'il ne faut pas de matériel mais qu'il faut constituer un équilibre. Quand je vois certains photographes dont le sac déborde de matériel me dire que deux disques de sauvegarde, par exemple, c'est cher… je pense que cet équilibre n'est pas au service de l'image.

Ensuite le logiciel libre ce n'est pas du logiciel gratuit. Le logiciel libre c'est du logiciel développé de façon communautaire et celui qui prend dans une communauté sans jamais rendre… c'est (hélas) un pique-assiette. J'utilise beaucoup de logiciels libres professionnellement (pour mémoire, je suis informaticien) mais j'ai toujours veillé à contribuer aux corrections (ou à ce que mes clients y contribuent), à financer (quand c'était utile) le développement de nouvelles fonctions ou à contribuer d'autres façons. Si on n'est pas développeur, on peut placer des photos sous licence Creative Commons ou offrir d'autres services, selon sa spécialité.

Encore une fois, cette notion d'équilibre est importante à mes yeux.

Donc bravo Patrick pour un article courageux.

Par Benoît Marchal, le Jeudi 15 Septembre 2011
Dans : Logiciel | Vu, lu, entendu

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Bonjour Benoît,

C'est provocateur comme prise de position, mais il faut être pragmatique et d'une certaine façon j'apprécie la position de Patrick :

1) soyons lucides, 95% des utilisateurs de logiciels libres se fichent de la "liberté", ils veulent la "gratuité"

2) la liberté c'est bien, mais si le résultat final n'est pas de bonne qualité ou que l'outil n'est pas agréable à utiliser, la simple liberté n'est pas un argument convaincant

En tant qu'éditeur de logiciel libre, je constate cela tous les jours. Les logiciels libres ne peuvent en aucun cas s'attendre au succès simplement parce qu'ils sont libres. Les clefs du succès d'un logiciel : facile à utiliser, répond à un besoin ou est déjà utilisé par une connaissance, gratuit et enfin : bien "marketé".

> Le logiciel libre c'est du logiciel développé de façon
> communautaire [...]

Désolé Benoît, mais c'est un raccourci un peu rapide. Un logiciel libre, c'est un logiciel distribué sous une licence libre comme la GPL ou MIT. Point, rien d'autre. Cela ne dit en rien que le logiciel est développé de façon "communautaire" :

* Certains logiciels libres sont développés en mode "ouvert" (ou communautaire) avec des contributions variées et où la propriété intellectuelle est répartie entre de nombreux contributeurs.

* D'autres logiciels libres sont développés en mode "fermé" avec en général une entreprise qui distribue le logiciel et l'intégralité de la propriété intellectuelle est détenue par... l'entreprise (et non par les individus).

Paradoxalement, il y a des logiciels propriétaires qui sont développés en mode beaucoup plus communautaires que certains logiciels libres.

> [...] photographes n'hésitent pas à dépenser [...] dans du matériel
> [...] mais ils rechignent le moindre centime dans tous les autres
> produits [...] comme [...] une galerie photo [...]

Amen. En parallèle de l'édition de logiciel libre, je vends de l'hébergement de galerie photo (basé sur le logiciel libre en question). Cela coûte quelques dizaines d'euros par an et pourtant on reçoit parfois un message au support du type "c'est plus cher que X ou Y, chez eux c'est gratuit". Sortir plusieurs centaines d'euros pour un objectif ne pose pas de soucis, c'est "normal". En revanche, sortir quelques dizaines d'euros pour du service, c'est "beaucoup trop".

D'une certain façon, la logique du "tout gratuit" a été rendue possible grâce au web, car les éditeur d'hier on pu trouver un modèle économique différent en utilisant la publicité, dans lequel ce n'est plus l'utilisateur qui paie, mais l'annonceur. Et comme on dit en anglais : "if you don't pay for the product, then YOU are the product"... ce modèle est bien accepté des utilisateurs, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'acte d'achat, c'est implicite. Pour moi, cela n'a pas de rapport avec le logiciel libre : c'est bien le web (Facebook et la multitude de services Google) qui font rentrer dans l'esprit des gens que logiciel = gratuit.
Par Pierrick Le Gall le Jeudi 15 Septembre 2011 at 01:37 APRES MIDI
Oui, pour les besoins de brièveté, je simplifie un peu la présentation du libre mais je ne pense pas que ça remette en cause l'argument fondamental.
Attention qu'il n'y a pas que le logiciel sur lequel on réchigne, je constate les mêmes arguments contre de la sauvegarde, des tirages ou de l'information. Bref oui au matériel photo mais sans considération pour l'image.
Par Benoît Marchal le Samedi 17 Septembre 2011 at 12:06 APRES MIDI
Bonjour,

En effet : le libre c'est parfois (souvent) la gratuité financière. Je précise financière car on peut "payer" autrement qu'avec de l'argent, le travail effectué par les communautés du freeware.

Personnellement, je ne suis pas développeur... mais je ne travaille que sous linux, et donc qu'avec du libre.

Adopter le libre est un acte militant, qui demande un effort intellectuel ainsi qu'un engagement personnel.

Pour ma part, je participe à une communauté d'art graphique dédiée au bureau Gnome, où je dépose des éléments visuels (fenêtres, wallpapers ...), et je fais mon possible pour contribuer à la diffusion du libre et aider ceux qui franchissent le pas. Ce n'est donc rien qu'un peu de temps donné, mais c'est le fondement initial du monde libre : chacun donne ce qu'il peut, l'attitude vaut plus cher que le montant du chèque. Finalement c'est un truc de vieux hippie techno ... faites tourner !
Par eric le guillou le Vendredi 23 Septembre 2011 at 09:42 APRES MIDI
Bonsoir,
A mon tour d'être un peu provocateur...
Ce qui rend les images meilleures, ça n'est ni l'appareil, ni le logiciel de "développement", ce qui rend les images meilleures, c'est juste "un peu" de culture (photographique, en particulier).
Aujourd'hui quasi n'importe quel reflex parviens à sortir une image techniquement potable dans des conditions de lumière pourrie (alors que rappelons nous la diapo 640T...).
Ce qui fait la différence, c'est ce qu'il y a derrière le viseur de l'appareil, rien d'autre ;o)))
Emmanuel
Par Emmanuel le Mardi 27 Septembre 2011 at 10:08 APRES MIDI
Je suis sous Linux Ubuntu et Debian depuis quelques années. J'ai testé plusieurs logiciels libres pour développer mes raw de photographe amateur et honnêtement je me suis tourné vers une solution payante : Bibble-pro. Aussi bien rawtherapee que récemment le projet Darktable ne traitent les raw d'une manière vraiment satisfaisante pour moi. En fait, l'idéal, serait une version linux de LR. Le monde du libre et du propriétaire peuvent quelquefois faire des compromis ...
Par Philippe le Samedi 8 Octobre 2011 at 08:45 APRES MIDI
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