
Après plus d'un an aux manettes de Déclencheur, le moment est venu de formuler une première réponse à une question qui me passionne : "en quoi les podcasts et, de façon plus générale, ce que je vais appeler les stations Internet, c'est-à-dire les contenus audios/vidéos diffusés par Internet (podcast, YouTube, DailyMotion, Joost, vpod.tv et consorts), sont-il différents des médias traditionnels ?"
Les avis sont variés, tant dans les médias traditionnels que dans la blogosphère mais le sujet des médias me tient à coeur. Je crois que la plupart des auditeurs de Déclencheur l'ignorent mais j'ai également écrit ou co-écrit quelques livres et plusieurs centaines d'articles. Depuis le tournant du siècle, je suis avec attention l'évolution du métier d'auteur vers le multimédia. Voici ma contribution au débat, reflet de mon expérience notamment avec Déclencheur.
Tout commence par une évolution technique. Il y a beaucoup plus de points communs entre les stations Internet et traditionnelles qu'on ne veut parfois le reconnaître. D'abord une ligne éditoriale claire reste un facteur de succès. Ensuite la qualité du son (c'est un peu moins vrai pour l'image) ne souffre pas de la comparaison. Enfin le confort d'écoute est au rendez-vous (1, 2).
Mais il est une différence majeure : les stations Internet sont libérées de l'espace et du temps. En effet, une station traditionnelle est diffusée sur un territoire donné et pour l'écouter, il faut être à portée de l'émetteur. Grâce au fil RSS, la diffusion est mondiale, la station est ainsi libérée de l'espace. De même pour écouter une émission traditionnelle, il faut être à l'heure (3). Grâce au téléchargement, l'écoute se fait à la demande, la station est libérée du temps.
Cette évolution technique entraîne une révolution dans les contenus. Les stations traditionnelles sont limitées aux contenus généralistes. Vu qu'il n'y a qu'un nombre limité de fréquences, le nombre de stations est limité et, fort logiquement, attribué aux sujets qui vont intéresser le plus grand nombre : l'actualité, la politique, la musique, le sport, etc.
Il est facile de constater que la presse écrite, qui n'a jamais été soumise au diktat de l'espace et du temps (on emmène journaux, magazines et livres partout avec soi, on les lit à son rythme), est beaucoup plus diversifiée. A côté de la presse généraliste, on trouve des magazines spécialisés sur à peu près tous les sujets : la photo, bien sûr, mais aussi l'oenologie, les trains miniatures, la médecine, la presse féminine, et bien d'autres encore. Bref, nos métiers, nos loisirs et nos passions. Tous les sujets qui nous passionnent, ceux qui nous sont proches.
Libre de l'espace et du temps, la diffusion par Internet permet donc (enfin) une radio et une télévision consacrées aux passions. Très concrètement, sur Déclencheur on peut prendre 20 minutes pour un dossier d'analyse technique sur le cadrage, l'exposition ou l'archivage de photo. Des sujets que l'on ne pourrait pas traiter avec autant de profondeur en radio parce qu'ils ennuieraient une bonne part de l'audience, tout simplement. En radio et télévision, même la littérature est reléguée aux petites heures !
Bien entendu, la presse photo traite en profondeur des sujets techniques depuis toujours. La libération de l'espace et du temps permet, pour la première fois, de les traiter avec la chaleur et la proximité de la radio. De même la force de l'image télévisée n'est plus l'apanage des politiques ou des sportifs de haut niveau.
Pour preuve, j'en prends les classements d'audience dans les stations Internet. Bien entendu les émissions de radios ou de télévisions traditionnelles sont très bien placées, c'est logique puisqu'elles sont généralistes et donc plaisent au plus grand nombre (4). Mais d'autres sujets (dont la photo) ne déméritent pas (5). Ce qui est logique : libéré de l'espace et du temps, l'auditeur/internaute veut qu'on lui parle de ses passions, de sa profession, des sujets qui le concernent directement, de ce que j'appelle le sel de la vie.
Donc, en résumé, la diffusion par Internet c'est l'ouvertures aux stations des passions, des loisirs et des métiers : couture, camping, bande dessinée, boulangerie rejoignent la politique, l'actualité, la musique et le sport dans nos oreilles ! Une belle complémentarité.
Photo : "L'attente en podcast." Copyright 2007, Samuel Bijaoui.
Déclencheur partenaire de “La Photographie”
Déclencheur est maintenant partenaire de "La Photographie" sur Facebook. Le lieu de partage de photo convivial sur Facebook.
Nouvelle boutique plus conviviale
Achetez une émission, pendant un mois, elle sera déduite si vous passez à une adhésion trimestrielle ou annuelle. Essayez Déclencheur Gold !
Déclencheur Gold à partir de 3,75 euros/mois
Plus de trois fois plus de temps d'antenne, uniquement pour les membres Déclencheur Gold. Pourquoi s'en priver ?
Il faut bien distinguer le mode de diffusion du contenu. Le mode de diffusion podcast est en effet libre du temps, de l'espace, accessible à tous, bon marché, à la demande... et cela le distingue d'un canal traditionnel qui a d'autres contraintes.
Et le contenu, puisque c'est accessible à tous le contenu est beaucoup plus divers. Et effectivement il y a aussi bien des programmes que l'on n'imagine pas ailleurs que des programmes qui ont beaucoup de succès à la radio et à la télé (dans les canaux de diffusion classique).
Bonne continuation et si chacun peut apporter son petit grain de sel au sel de la vie cela a plus de goût.
Joseph