Le papier c’est pas le pied

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Le papier c’est pas le pied

Le papier c’est pas le pied

J'ai vécu une drôle d'expérience cette semaine. Alors que je lis (énormément) en numérique depuis 3 ans, j'ai repris un livre papier. Le choc a été rude.

En reprenant un livre papier cette semaine, je me demande comment j'ai pu, à un moment, m'émerveiller devant le papier. Il y a une dizaine d'années j'ai travaillé pour un des tous premiers éditeurs numériques et à l'époque je ne cachais pas mon scepticisme sur l'état de la lecture numérique.

Les temps ont bien changé.

Et donc cette semaine j'ai voulu lire un livre papier. A l'ancienne. Le titre est un peu ancien, l'éditeur ne cherche pas à soigner ses lecteurs ou à pousser ses ventes et, un peu bêtement, il n'en offre pas une version électronique. En général ce n'est pas très grave : il y a tellement de livres que je souhaite lire que je substitue simplement un autre titre électronique au bouquin papier. Exceptionnellement cette semaine je voulais vraiment lire ce titre.

"Pas grave," me suis-je dit, "c'est un petit livre, il ne sera pas beaucoup plus encombrant que le Kindle."

Et il ne l'était pas mais que la lecture a été… désagréable serait sans doute un mot un peu fort mais disons peu agréable. Je pensais lire dans le train et, premier problème, j'avais oublié combien il faut emporter d'accessoires pour lire sur papier.

En effet je n'avais pas de crayon donc impossible d'annoter ma lecture. Ensuite, comme je découvrais un sujet nouveau, je suis tombé sur des mots nouveaux… et j'ai eu beau, par réflexe, poser le doigt sur la page, le dictionnaire ne s'est jamais ouvert. Heureusement j'avais mon Kindle et son dictionnaire.

Je me suis souvenu que, du temps des livres papier, j'avais l'habitude de noter les mots "à chercher" sur le revers de couverture (ce qui n'aurait pas été possible, je n'avais pas de crayon). Bon dieu, les temps changent.

Mais le plus énervant… arrivé à destination j'ai réalisé que je n'avais pas de marque-page. On peut écorner une page mais la pratique m'a toujours fait frémir.

Et, enfin, en parcourant la bibliographie, je souhaitais compléter ma lecture d'un autre ouvrage du même éditeur… D'habitude il suffit de 60 secondes pour acheter un livre et commencer à le lire (c'est pour ça qu'on lit tant en numérique). Ici il m'aurait fallu le commander, attendre la livraison. J'ai renoncé et j'ai googlé quelques réponses sur des blogs.

Dernier inconvénient… je parle du sujet avec Pascale qui me demande une information venue de ce livre. Ah, il faut le retrouver. Je sais toujours où est mon Kindle et donc toute ma bibliothèque mais un livre papier… où l'ai-je mis ? Oui je ne suis pas le garçon le plus organisé mais le service c'est justement de s'adapter au lecteur, pas l'inverse.

On me dira sans doute qu'il ne s'agit là que de détails. Plus amusant, on me dira peut-être que l'extraordinaire confort de la lecture sur Kindle m'a rendu exigeant… oui, sans doute. Mais pourquoi se contenter de moins quand on peut avoir mieux au même prix (voire moins cher quand, comme moi, on lit surtout en anglais où les éditeurs ont compris que leurs intérêts rejoignent le plaisir des lecteurs) ?

Mais cette expérience a surtout conforté un constat et c'est pour ça que je souhaitais la partager : la lecture numérique est idéale pour les lecteurs. Les progrès ont été spectaculaires en quelques années seulement. Il y a seulement 10 ans, je pensais qu'il faudrait une technologie extraordinaire pour démoder le papier… et bien cette technologie extraordinaire nous y avons accès aujourd'hui.

Oui vraiment, ce retour en arrière me rappelle pourquoi j'achetais (et je lisais) deux à trois fois moins de livres au temps du papier.

Photo : copyright 2009, Peter Zelei

Par Benoît Marchal, le Dimanche 12 Août 2012
Dans : Vu, lu, entendu | Amazon Kindle

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Vous semblez avoir oublier des points extrêmement importants qui avantagent le livre papier.
- Il vous appartient. Pas sûr que votre copie numérique soit votre entière propriété. Souvenez-vous de cet épisode de l'ouvrage 1984 en format numérique lorsque les acheteurs légitimes ont vu leur copie numérique disparaître de leur kindle pour une sombre histoire de droit d'auteur. Ça n'arrive jamais avec un vrai livre, même mis à l'index.
- Le contenu est inaltérable, pas celui de votre copie numérique. Rien n'empêche votre fournisseur de modifier (altérer) le contenu de votre ouvrage numérique, il suffirait que ce contenu soit jugé politiquement incorrect. Voyez les procès intentés contre la bd "Tintin au Congo" que certains tentent de faire interdire. En ayant gain de cause, ils pourraient non pas supprimer mais faire modifier le contenu.
- Vous pouvez preter un livre en papier et par là participer à la transmission du savoir. L'écriture est une des plus belles inventions de l'humanité. Pouvez-vous preter un livre électronique ? On en revient donc à la question de la propriété.
- Le format numérique n'est pas adapté à tous les ouvrages. Un livre d'art ou d'un grand photographe publié sur une liseuse numérique ? No way !
- Un livre s'auto-alimente, il fonctionne simplement avec un peu de lumière.
- Rien ne remplace l'odeur d'un livre neuf.
- Si vous tombez sur un mot inconnu, recherchez le dans un dictionnaire en papier, le fait de chercher et de trouver vous empêcherons à l'avenir d'oublier la définition de ce mot.
D'autres trouverons certainement une suite...
Par Jdu le Lundi 13 Août 2012 at 09:12 MATIN
houlala ! il ne faut surtout pas répéter cela à un bibliothécaire, vous risqueriez de repartir les 2 pieds devant smile
Par fizmoo le Lundi 13 Août 2012 at 03:11 APRES MIDI
"Rien ne remplace l'odeur d'un livre neuf."

Ouais heu… enfin… Attention à ne pas trop le renifler non plus, c'est cancérigène.

Et alors je ne parle même pas du papier recyclé où là, en plus, il y a production de résidus très très toxiques (encre + processus chimique de blanchiment du papier) qui sont traités "difficilement".

Après, le problème, c'est que si tout le monde consommait autant de papier que les "occidentaux", gros consommateurs, il n'y aurait plus de forêts dans le monde depuis 5 ans.
Mais le recyclage n'est pas forcément positif pour l'environnement. Il substitue juste un certain nombre de problèmes par d'autres problèmes, de nature différente.

D'ailleurs, on risque de voir émerger une nouvelle génération de livre "papier" utilisant des encres solubles et dont les pages sont constituées de plastique réutilisable quasiment à l'infini (qui résiste donc à l'eau).

Sinon

"Il vous appartient. Pas sûr que votre copie numérique soit votre entière propriété. Souvenez-vous de cet épisode de l'ouvrage 1984 en format numérique lorsque les acheteurs légitimes ont vu leur copie numérique disparaître de leur kindle pour une sombre histoire de droit d'auteur. Ça n'arrive jamais avec un vrai livre, même mis à l'index."

Bah, il suffit de le dupliquer… qu'on ne me parle pas des DRM qui sont une blague (on peut s'en débarrasser en 2 minutes). Garder une copie de sauvegarde donc… comme tout fichier important sur votre ordinateur (logiquement).

"- Le contenu est inaltérable, pas celui de votre copie numérique. Rien n'empêche votre fournisseur de modifier (altérer) le contenu de votre ouvrage numérique, il suffirait que ce contenu soit jugé politiquement incorrect. Voyez les procès intentés contre la bd "Tintin au Congo" que certains tentent de faire interdire. En ayant gain de cause, ils pourraient non pas supprimer mais faire modifier le contenu."

Ha oui tiens, les livres ne sont jamais retouchés par les éditeurs… tous les auteurs du monde attendent cette bonne nouvelle depuis des siècles.
Blague à part, on peut tout à fait se passer des revendeurs, et les auteurs peuvent tout aussi bien se passer des éditeurs. Au final, quel sera le livre le moins altéré ? Celui publié par un éditeur en papier, ou celui que l'auteur fournit directement aux lecteurs sur son site ?

"- Vous pouvez preter un livre en papier et par là participer à la transmission du savoir. L'écriture est une des plus belles inventions de l'humanité. Pouvez-vous preter un livre électronique ? On en revient donc à la question de la propriété."

Aux USA, oui.
Et puis c'est vrai que le partage de fichiers numériques n'est pas un problème pour les producteurs de films, éditeurs numériques, labels de musique… etc. Et je ne parle même pas des livres disponibles en numérique qui ne le sont plus en papier… et encore moins des classiques gratuits qui, il est vrai, ne peuvent servir à la transmission du savoir.

"- Si vous tombez sur un mot inconnu, recherchez le dans un dictionnaire en papier, le fait de chercher et de trouver vous empêcherons à l'avenir d'oublier la définition de ce mot."

Raté, c'est un truc basique qu'on apprend quand on étudie les langues, la linguistique, etc. Il faut en moyenne croiser un mot 7 fois pour en comprendre le sens parfaitement et l'intégrer à son vocabulaire (dans le sens "la personne pourra le réutiliser correctement dans 99% des cas"). Une fois ne suffit donc pas, à moins d'avoir des facilités, ce qui est le cas d'une très petite partie de la population mondiale.

Attention, je n'ai absolument rien contre le papier. Ça fait même partie de mon boulot. Mais je dois quand même dire qu'avec toute l'information disponible en ligne (et donc la transmission de savoir qui va avec), il est quand même assez fatiguant de voir des gens camper sur les mêmes choses encore et encore et de lire les mêmes propos stéréotypés.
Alors en France, c'est pire. Un mec qui lit en numérique est un paria, un faux-lecteur. Et bien pourtant, on sait que (1) il continue à acheter du livre papier et (2) une grande partie lit finalement plus.
Mais bon, je ne sais pas, peut-être que les tenants extrémistes du livre papier qu'on croise parfois ici ou là (je ne vise personne) n'ont pas le droit de dire que leur groupement idéologique impose un quota de lecture par an et que si on le dépasse, on devient un monstre à brûler au bûcher…
Par Boudieu le Mardi 14 Août 2012 at 03:57 APRES MIDI
Cet article est grand, me rappelle l'époque où je voulais être bibliothécaire, juste pour lire tous les livres sans avoir à payer ... J'aime le moment Flashback plus. C'est incroyable.
Par Georgenobi le Dimanche 2 Septembre 2012 at 01:55 MATIN
Le livre électronique est un produit de consommation, la batterie finira par s'éteindre un jour, ou il tombera en panne...

La fabrication de ce produit engendre autant de pollution que son format papier (métaux lourds et eaux usagées).

Enlever un DRM est illégal, de plus il faut savoir le faire.
Par Qitof le Vendredi 26 Octobre 2012 at 08:21 APRES MIDI
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