Et bien moi j’y crois à l’iPhone

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Et bien moi j’y crois à l’iPhone

Et bien moi j’y crois à l’iPhone

Je partage souvent les analyses de mon ami Patrick Moll, à la barre de l'excellent Alpha Numérique mais, comme le dit la sagesse populaire, l'exception fait la règle. Et cet article sur le mythe de l'iPhone, publié durant la trève des confiseurs, est l'exception.

Si le sujet vous intéresse je vous donne rendez-vous demain le 18 janvier au Café Numérique pour un échange sur ce sujet.

Je pense, contrairement à Patrick, que l'iPhone est au cœur du développement actuel de la photographie. Et pourtant Patrick a raison sur tous les arguments techniques qu'il avance : absence de zoom, faible contrôle sur la profondeur de champ, difficile gestion du bruit, etc.

L'erreur me semble être dans la définition de la photographie. Patrick semble faire une hiérarchie entre la photo d'un parking, celle d'un anniversaire et une image créative. Historiquement c'est faux. La photographie est un procédé technique qui ne se préoccupe pas de la finalité. Et il n'y a pas de doute que notre rapport à la photo évolue grâce à l'iPhone, je m'explique dans un instant.

Deux conséquences… d'abord je pense que nous devons affiner notre vocabulaire. La photo est une technique et nous devons inventer un vocabulaire pour parler des finalités de cette technique. Dans l'écrit, on ne se limite pas au seul mot "écrit" mais on parle de roman, d'essai, de pièce de théâtre, de paroles de chanson… mais aussi de lettre de réclamation, de livre de cours, de facture, de rapport de réunion, etc. Et cette richesse de vocabulaire nous permet de réfléchir à toutes les formes de l'écriture.

Je vous invite à ré-écouter cette émission avec Hervé Bernard pour des pistes de réflexion sur le vocabulaire de l'image.

Il est certain que l'iPhone a un impact plus direct sur certaines finalités de la photographie que sur d'autres (la fameuse photo de parking) mais il serait faux de croire que son impact sera ainsi limité.

Ensuite, historiquement la photo se diffuse toujours davantage : on est plus nombreux à faire plus de photos de sujets plus variés.

Pour ne prendre qu'un exemple, comparez l'évolution entre Nadar (XIXème) et Lartigue (tournant du XXème). On passe d'une photo posée, tournée vers une élite sociale (Sarah Bernhardt, Claude Monet, etc.) ou de grands projets (Paris en ballon) avec une démarche très technique à une photographie plus spontanée, familiale (la cousine saute dans l'escalier) et bien plus accessible (Lartigue avait 7 ans quand il commença à photographier) qui préfigure le Brownie.

Cette évolution influence toutes les démarches de photographe, qu'elles soient utilitaires ou artistiques. Ainsi la photo construite n'a pas disparu entre le XIXème et le XXème mais la plus grande diffusion de la photographie l'ouvre à d'autres images. En 1950, il est naturel de partager des sentiments intimes en couverture de Life (le célèbre Baiser de l'Hôtel de Ville de Doisneau) et en 2010 c'est le sexe qui s'expose au Musée d'art moderne de Paris (rétrospective Larry Clark).

C'est la diffusion plus large de la photo, à leur époque, qui inspire tous ces artistes. Les artistes se nourissent toujours de leur temps, qu'ils soient en accord ou en opposition avec la société. Diffusion plus large de la photo… l'iPhone en est l'outil actuel. Grâce à lui, nous sommes encore plus nombreux à prendre encore plus de photos de sujets encore plus variés.

Impossible aujourd'hui, alors que l'iPhone commence seulement à débarquer dans la photo de prédire vers quoi il nous entraînera mais voici quelques pistes de lecture : le faux-vintage ou la vraie mémoire illustre peut-être notre confusion face à ces évolutions rapides.

Et la démarche de David Huitorel n'est pas moins intéressante. Si vous ré-écouter cette émission (ou l'ebook) je vous invite en particulier à réfléchir à l'opposition entre le travail formel du photographe officiel et celui plus intimiste de David (quand tu as un iPhone, personne ne prend au sérieux).

Bref se limiter à une analyse technique c'est se priver de toute chance de mesurer le potentiel d'impact de l'iPhone en photo. Il faut au contraire sortir de la boîte…

Par Benoît Marchal, le Mardi 17 Janvier 2012
Dans : La photo | Le marché | Vie en ligne | iPod/iPad

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Tu as fini par lui répondre à Patrick Moll, j'attends ça avec impatience. Moi quand je choisis un filtre sur mon iphone, c'est que j'ai une volonté créatrice, comme tout autre photographe wink
Par Valmente le Mardi 17 Janvier 2012 at 10:05 APRES MIDI
C'est sans doute l'iPhone, qui depuis sa première version m’a fait revenir au réflex et au plaisir de la photo en général.
Par didier.taormina le Jeudi 19 Janvier 2012 at 10:25 MATIN
Lire aussi l'article paru dans le bloc-notes visuel d'André Gunthert: "Pourquoi l’iPhone est le meilleur appareil photo"
http://culturevisuelle.org/totem/1574
Par Manu Kodeck le Mardi 24 Janvier 2012 at 07:46 MATIN
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