De l’importance d’une ligne éditoriale

De l’importance d’une ligne éditoriale

De l’importance d’une ligne éditoriale

Il y a sur ce blog pas mal de notes sur le matériel d'enregistrement et, en particulier les micros et les enregistreurs, que j'utilise pour produire Déclencheur. Ce nombre important de notes consacrées au matériel reflète directement les questions que je reçois, la question qu'on me pose le plus souvent est d'ailleurs quel micro utilises-tu ?

C'est logique, face à une nouvelle technologie, on s'interroge toujours d'abord sur le matériel à acquérir et seulement ensuite sur comment l'utiliser.

Néanmoins je crois que le plus important pour le lancement d'une émission n'est pas d'opter pour le bon matériel mais plutôt de choisir et de communiquer clairement une ligne éditoriale. C'est-à-dire de choisir et définir l'angle que vous allez utiliser pour traiter vos sujets. La ligne éditoriale est essentielle parce qu'elle vous guide dans la réalisation des émissions, elle guide vos auditeurs et vos contacts dans leur choix.

Déclencheur, par exemple, c'est la photo comme vous ne l'avez jamais entendue. Ce qui veut dire que quand je traite un sujet dans une émission, c'est sous l'oeil d'un photographe.

Cela ne signifie évidemment pas, comme on me le dit souvent, que je suis limité dans le choix des sujets. Déclencheur a parlé de sport automobile, des jeux olympiques, de gastronomie, de vacances, des peoples, de handicap, de logiciel libre et même d'humour en plus des sujets auxquels on s'attend sur la photo...

Non, il ne s'agit pas de limiter les sujets mais bien la manière de les traiter.

La ligne éditoriale définit qui écoute et, partant, ses centres d'intérêts. C'est un petit peu comme les amis, avec untel on va plutôt parler photo, alors qu'avec un autre ce sera musique et un troisième famille et enfants. Et donc, pour parler des vacances, on ajuste l'angle selon les intérêts de son interlocuteur "j'ai fait de superbes photos cette année," "il y avait un festival de jazz dans la région, c'était génial" ou encore "ma fille adore ces activités." J'admets être un peu caricatural mais j'espère que vous comprenez l'idée.

Et si vous vous sentez un peu à l'étroit dans une ligne éditoriale ? Le principe se décline à l'infini, il suffit de créer un deuxième espace ou un sous-espace. Quand j'ai réalisé que j'avais pas mal de choses à dire sur les coulisses de l'émission, j'ai installé cet espace, Carnet, dont la ligne éditoriale est un peu différente puisqu'il est consacré aux coulisses de l'émission. On y parle bien entendu de photos (c'est le thème des émissions) mais aussi de production et pas mal d'autres sujets plus anodins qui se sont produits au quartier général intergalactique de Déclencheur. J'y traite les sujets sous l'oeil de la personne curieuse de l'émission elle-même, soit un auditeur curieux, soit une personne désireuse de produire ses émissions.

Comme dans toute activité intellectuelle, je crois fermement que les contraintes (dans une juste mesure) libèrent l'esprit du poids d'un trop grand nombre de décisions, ce qui lui permet d'être vraiment créatif. La ligne éditoriale, en fixant l'angle d'approche des sujets, est donc aussi indispensable à la production régulière d'une émission que les micros.

Photo : copyright 2008, Primary Picture

Par Benoît Marchal, le Lundi 20 Juillet 2009
Dans : Déclencheur | Production | Quasi-production

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Oh que oui... Encore un billet qui tombe sous le coin du bon sens, comme toujours ici smile

"L'obsession du comment" au détriment / en préalable du / au "quoi", m'étonnera toujours autant et est particulièrement symptomatique en informatique (au sens très large)...

Quand je le rencontre (à titre personnel ou professionnel) je ramène toujours les choses en prenant un exemple très "raz des pâquerettes" du genre : "si l'on a besoin de faire des travaux chez soi ? quelle est la démarche ? : se précipiter dans le premier magasin de bricolage du coin, acheter le matériel dernier cri pour se rendre compte que ce n'est pas forcément ce dont on a besoin ? ou partir DU besoin et acheter en conséquence ?..."

Etonnant de constater comme ce qui peut paraître évident dans la vie physique le devient moins (voire pas du tout) dans la vie... numérique.

Merci encore pour cette analyse et continuez sur cette ligne éditoriale, justement ! wink
Par Fred. le Lundi 20 Juillet 2009 at 07:48 PM
Hello,

"Comme dans toute activité intellectuelle, je crois fermement que les contraintes (dans une juste mesure) libèrent l'esprit du poids d'un trop grand nombre de décisions, ce qui lui permet d'être vraiment créatif"

Bravo pour cette phrase, elle est tellement vraie.
Cela me fait penser aux poètes écrivant des sonnets aux règles strictes, ou aux règles des haïku...

Dans l'idée, quand j'ai commencé à faire plus sérieusement de la photo (de concert), je m'étais fixé un cadre stricte :
- toujours au 28 mm
- toujours le même film (Ilford HP5+ poussée à 800 iso)
- Vitesse lente au flash
etc...

Ces "contraintes" m'ont permis, avec le recule, de vraiment développer ma créativité. Sans elles, je serais peut-être "parti dans tout les sens"...
Par Christophe Flers le Mardi 21 Juillet 2009 at 07:00 AM
Merci pour toutes ces pertinentes remarques Benoît.
No limitation,no inspiration.
Par Lightroomreg le Jeudi 23 Juillet 2009 at 11:19 AM
Voilà une observation extrêmement enrichissante !
Par shine75 le Mercredi 29 Juillet 2009 at 10:52 PM

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