Doit-on supprimer des fichiers archivés ?

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Doit-on supprimer des fichiers archivés ?

Doit-on supprimer des fichiers archivés ?

Je viens de commencer la lecture de la version française du célèbre DAM Book de Peter Krogh. Traduit par Volker Gilbert et Gilles Théophile le titre français est Catalogage et flux de production pour les photographes. Je n'en suis qu'au début mais je commence à comprendre pourquoi ce livre est considéré par beaucoup comme la bible du genre.

Mon sujet du jour est néanmoins beaucoup plus anecdotique : il concerne un encadré du livre intitulé "Doit-on supprimer des fichiers archivés ?"

Dans cet encadré on peut lire en substance : "Le coût du stockage sur disque est devenu si ridiculement bas, que supprimer des fichiers n'a plus vraiment de sens."

En lisant cela je me suis fait la réflexion suivante : du temps de l'argentique, on ne jetait pas de photos parce que ça coûtait quelque chose, à l'ère numérique on ne les jette plus parce que ça ne coûte plus rien de les garder !

De mémoire en tout cas, les boîtes à photos familiales contenaient même les photos ratées. J'ai rarement vu quelqu'un jeter une photo argentique : elle restait généralement avec le paquet de photos dans sa pochette, au pire au fond d'une boîte.
En effet on faisait développer et tirer toute sa pellicule, sans savoir ce qui serait bon ou mauvais. Réussie ou ratée la photo coûtait donc quelque chose, pécuniairement parlant. Est-ce uniquement parce qu'elles coûtaient quelque chose qu'on ne jetait pas ces photos ?
Je ne crois pas. Il y a un deuxième aspect majeur à prendre en compte : l'objet photo n'est plus du tout le même. Il semble plus difficile de jeter un objet réel que sa version numérique. Qui n'a pas d'album musical d'un groupe qu'il n'aime pas dans sa bibliothèque CD ou vinyle ? Pour autant difficile de les jeter, non ? En revanche il est si facile de cliquer sur effacer dans sa bibliothèque audio numérique. Idem pour un livre: c'est sans hésiter qu'on effacerait le PDF d'un bouquin qu'on n'aime pas, mais qui irait jeter l'objet livre à la poubelle ? A la limite on le donnerait à quelqu'un qui appréciera, ou on le déposerait au grenier...

Cette réflexion sur l'objet photo s'est concrètement reposée à moi depuis que je m'amuse avec un Polaroïd (merci Déclencheur d'avoir relancé mon intérêt). Impossible pour moi de jeter même les images plus ou moins ratées. Et ce n'est clairement pas parce qu'une photo Polaroïd coûte relativement cher que je ne m'en débarrasse pas. C'est de jeter l'objet photo "réel" qui me gêne.

En y repensant deux jours plus tard, j'ai fini par me contre-argumenter moi même ! A savoir qu'au fond la situation n'a pas tellement changé : l'auteur du DAM book nous dit de garder tous nos fichiers au fond de nos disques durs, avant on conservait toutes nos photos au fond de boîtes à chaussures… Ratées ou pas les photos étaient, et sont toujours gardées. Ce qui ne coûtait et ne coûte à nouveau plus rien c'est la conservation des images (pas les images elles-mêmes bien entendu !). Seules les raisons de ce choix de conservation semblent avoir changé.

Enfin c'est mon point de vue du jour ! Vous avez sûrement des réflexions sur le sujet, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires.

Par Lightroomreg, le Mercredi 21 Avril 2010
Dans : Logiciel

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@geraldgeronimi. Effectivement c'est un argument puissant contre l'effacement !
Dans le même ordre d'idée le DAM book présente la légende suivante: "Une image quelconque aujourd'hui pourrait prendre de la valeur selon des événements imprévisibles." Cette légende est inscrite sous une photo des 2 tours du World Trade Center prisent au loin sous un drapeau américain...
Par Lightroomreg le Jeudi 22 Avril 2010 at 09:37 MATIN
Moi je supprime les vraiment ratées mais sinon je les garde toutes : d'autant plus qu'il m'est arrivé de repasser à la moulinette de mes logiciels dérawtiseurs certaines images car les dernières versions de ces logiciels étaient plus performantes (mais c'est rare).
Je ne suis qu'amateur et j'essaie maintenant de prendre moins de photos et de mieux sélectionner. Personne ne m'achètera une photo.
Mes images sont néanmoins classées (mots clés , IPTC).
Le livre parle de flux de production et s'adresse aux photographes expertes et pros. Les propos de l'auteur sont plus adaptés à ce public.
Par MissValmente le Jeudi 22 Avril 2010 at 08:52 APRES MIDI
Je pense que même chez les pros il convient de refaire une taxonomie car si je peux comprendre que les 100 photos de l'inauguration d'un musée puisse toutes être pertinentes un jour ou l'autre, je doute fortement qu'en temps que photographe de mode il soit pertinent de concerver les 80 photos d'un même produit... De toutes facons notre client nous demande de faire un éditing avant de transmettre les photos et pour ma part je préfére ne concerver que les très bonnes photos.

Avec le temps on fini très vite par voir ce qui est une bonne photo ou pas.

Je n'ai pas lu le livre donc il m'est difficile de le critiquer mais je pense que ce n'est pas parce que l'on peu garder des photos sur un DD que l'on doit garder des photos sur un DD.

En mode, ou pour un boulot culinaire récemment, j'ai toujours le même ratio... j'ai 5 Go de données pour une journée de shoot en général et je finis après éditing, dérawtisation, sauvegarde en print et en web à 1 Go voir moins... Je gagne tout de meme 80% d'espace disque qui, même s'il ne coute pas cher, ne prend pas trop de place sur mon bureau et me permet d'avoir plusieurs années compléte sur un meme disque...

Mais ce n'est que ma vision des choses. Je pense qu'un photographe évenementiel aura intérêt à garder toutes photos faites car il pourrait retrouver (s'il peut le faire) dans ses archives 20 ans plus tard une petite inconnue devenu alors une super star.
Par Pierre MAGNE le Jeudi 22 Avril 2010 at 09:19 APRES MIDI
Juste une réflexion, le catalogage est appelé à s'automatiser avec le reconnaissance de visage (qui fonctionne déjà aujourd'hui), la reconnaissance des lieux demain, etc. donc cette difficulté de retrouver l'aiguille dans une botte de foin, sera plus faible demain. Corollaire : ça a du sens de se dire je garde tout, même si aujourd'hui je ne peux pas tout trier.
Pierre, cela pourrait s'appliquer à ton cas. On commence à tester des solutions d'editing automatique : tu balances une sélection beaucoup plus large de photos, elles partent en rotation sur le site et le logiciel calcule lesquelles sont statistiquement les plus efficaces (c'est à dire font vendre).
Mais je te rejoins sur le côté hautement répétitif de l'image studio. Un phénomène que Gérald rencontre moins grin
Par Benoît Marchal le Jeudi 22 Avril 2010 at 09:37 APRES MIDI
@MissValmente. Je procède un peu de la même manière, je fais l'éditing de toutes mes images et je supprime de suite celles vraiment ratées. En revanche les "sans intérêt" je les garde. Parfois elles finissent à la corbeille quand même, mais après plusieurs passage, jamais le jour même, je laisse passer du temps pour les voir et revoir d'un autre oeil.
@Pierre Magne. J'aime bien vos deux arguments "ce n'est pas parce que l'on peu garder des photos sur un DD que l'on doit garder des photos sur un DD." ainsi que l'exemple de la star/inconnue. Finalement on pourrait trouver des exemples dans toutes les branches photo. Très intéressant parce que chacun n'y pense pas forcément.
@Benoît. Pour en revenir au livre, il évoque un autre argument, le plus intéressant à mon avis et qui rejoint ce que tu dis. En gros c'est le fait qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait, technologiquement parlant. Le bracketing et le HDR sont cités en exemple. En effet avant que la technique du HDR n'existe, on brackettait pour ne garder que la meilleure photo. Jeter ses moins bonnes images brackétées se justifiait. Mais qui aurait cru qu'un jour de telles images pourraient être utilisées et fusionnées pour en créer une meilleure encore ? Dommage dans ce cas de les avoir jetées.
Alors pourquoi ne pas imaginer que telle image considérée comme ratée ou sans intérêt aujourd'hui ne pourrait pas être utilisable dans un futur plus ou moins lointain.
Par Lightroomreg le Vendredi 23 Avril 2010 at 02:49 APRES MIDI
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