
Connaissez-vous Subway ? C'est une chaîne de sandwicheries d'origine américaine qui fonctionne un peu sur le principe des Starbucks, c'est-à-dire qui crée l'illusion d'un vaste choix. L'achat du sandwich s'organise autour d'une série de questions, quel pain, quelle garniture, quelle crudité, quelle sauce, etc. ? qui donnent l'impression de se construire un sandwich sur mesure.
Lors de la première visite, la tentation c'est évidemment de prendre tous les ingrédients du buffet pour un énorme sandwich.
Et puis j'ai réalisé qu'en fait j'aimais pas tout... et je préfère d'ailleurs des sandwiches légers. Le choix ce n'est donc pas uniquement une chance pour en mettre plus mais aussi une chance pour en mettre moins, ne mettre que ce que j'aime vraiment, par exemple.
En fait, le cadrage c'est un peu comme un sandwich Subway (idéalement, le côté artificiel en moins). Les sujets sont nombreux devant l'objectif et il faut choisir, selon ses goûts, ses humeurs ou ses centres d'intérêts, pour composer, non pas le sandwich le plus savoureux, mais bien la meilleure photo.
Il y a les boulimiques qui entassent les sujets dans le cadre comme on empile les suppléments dans un sandwich, les ascètes qui cadrent serré (sans sauce, sans crudité) et puis les gourmets qui intègrent juste ce qu'il faut du décor pour mettre le sujet en valeur, comme une sauce bien choisie rehausse le sandwich. Comme tout le monde, je m'imagine gourmet mais j'ai une tendance ascète... autant dans les sandwichs que dans les cadrages d'ailleurs.
Loin de moi de vouloir associer des jugements de valeur à ces différentes approches d'ailleurs. En image comme pour les sandwichs, le goût a des composantes à la fois personnelles et culturelles et ce que j'aime n'a pas à vous plaire, surtout tant que les images sont et restent personnelles.
Mais cela change pour les photos d'une exposition ou d'une autre présentation publique. Là, pour rencontrer une critique favorable, il devient important de tenir compte des courants culturels. De même que les sandwichs pré-emballés suivent tous plus ou moins les mêmes conventions dans l'équilibre des ingrédients, de même des photos destinées au public se doivent d'intégrer les attentes de ce public.
Et c'est, je trouve, un aspect qui est ignoré par nombre de galeries virtuelles et autres photoblogs que je visite. J'y trouve beaucoup de photos boulimiques, avec beaucoup de choses dans le cadre et, à mon sens, des images en final... difficiles à lire.
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