
L'Olympus PEN E-P2 annoncé ce matin apparaît comme une petite mise à jour du précédent modèle, le PEN E-P1. La principale nouveauté, par rapport à la première génération semble être un connecteur viseur comme sur le Lumix GF1 (apparemment incompatible avec ce dernier toutefois) mais avec une vraie innovation puisqu'il accepte cette fois une entrée micro ! Dans ce contexte le mode vidéo HD (720p) devient franchement utile. Malheureusement l'amélioration la plus attendue, un autofocus efficace, ne semble pas encore au rendez-vous.
En passant, un grand merci, à Courtox qui a écrit une superbe présentation du nouveau boîtier sur notre Wikinews.
Je l'ai déjà écrit, je crois que nous sommes encore loin de la fin de la révolution numérique. La qualité d'image est là depuis longtemps, il faut maintenant diversifier les boîtiers pour répondre à tous les besoins. Bref il faut donc marier l'expérience de la photo (on ne manquait pas de formats en argentique !) avec les promesses du numérique.
En observant les annonces autour du format Micro 4/3, je réalise à quel point la collaboration entre Olympus et Panasonic est tout à la fois contre nature et pourtant raisonnable. A (presque) chaque nouvelle annonce de Panasonic, je me dis "de bonnes idées mais ils ont oublié le photographe," alors qu'Olympus m'inspire plutôt des "voilà, une approche photo." Il me semble que Panasonic invente et Olympus ajuste ces innovations aux réalités de la photo. C'est sans doute dans la différence culturelle entre ces deux entreprises qu'il faut trouver l'explication du dynamisme d'un format qui titille de plus en plus de photographes (il suffit de lire les commentaires sur les premiers pas avec le Lumix GF1 pour s'en rendre compte).
C'est presque caricatural mais Olympus a une longue tradition photo, elle en connaît les ressorts et mesure très bien les besoins des photographes. A l'inverse, Panasonic est un électronicien qui, de son propre aveu, n'a pas de culture photo. L'eau et le feu.
Paradoxalement, l'absence de culture peut être un atout en période de grande innovation. En effet, après une courte période passée à rompre les codes, les acteurs traditionnels de la photo ont rapidement décidé de faire entrer le numérique dans leur design cinquantenaire. A l'inverse, un Panasonic hésitera moins à casser les codes puisqu'il ne les connaît pas. Et il fallait être un électronicien pour imaginer un boîtier ambitieux basé sur une visée électronique, par exemple. Le fait que Panasonic n'ait pas à protéger sa part de marché reflex aide sans doute également.
Sauf que la mise en oeuvre de Panasonic a été rien de moins que décevante (et je reste poli). Le manque de culture permet de casser les codes mais pas toujours d'appréhender l'importance des usages.
Fort de son expérience de la photo, Olympus a repris le concept et l'a décliné en un boîtier tout à la fois innovant et adapté à la photo, le PEN E-P1, sage mariage de l'innovation et des besoins des photographes. J'ai d'ailleurs noté à l'époque que les équipes de Panasonic France étaient surprises face à l'enthousiasme pour le PEN E-P1.
Il faudra d'ailleurs plusieurs mois à Panasonic pour intégrer les leçons et répondre avec le Lumix GF1 qui améliore son modèle d'un autofocus réellement utilisable et d'un flash intégré. Ce dernier, malheureusement, ne permet pas de piloter des flash distants. Pour faire bonne mesure, Panasonic ajoute une prise viseur parfaitement inutile. Aujourd'hui Olympus leur donne une nouvelle fois la leçon en transformant la dite prise en entrée micro, indispensable pour la vidéo.
Je force le trait, bien sûr, mais je ne peux pas m'empêcher de noter combien la double lutte culturelle et commerciale contribue à bonifier le format et va, peut-être, contribuer à en faire un vrai système. Et vous, que pensez-vous de ce partenariat teinté de concurrence entre culture photo et modernité ?
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