Par Benoît Marchal, le Mercredi 02 Juillet 2008, 10:52
Dans Déclencheur, Production
Il y a longtemps que je n'ai plus pris le clavier pour vous parler de la production de Déclencheur et, en particulier, des outils que j'utilise. Je me relance en vous parlant de l'enregistreur principal de Déclencheur : le Fostex FR2-LE.
Il y a en effet beaucoup de solutions pour enregistrer, depuis le micro intégré de l'ordinateur jusqu'à un studio professionel en passant par les micros USB et les interfaces audio dédiées. Le Fostex FR2-LE est un enregistreur portable, ce n'est pas le plus petit du lot (bien que la forme soit fort différente, en poids et en taille, il est à peu près aussi encombrant qu'un reflex numérique type Nikon D300 équipé d'un petit zoom alors qu'on trouve des enregistreurs tels que le Marantz PMD 620 ou le Zoom H2 qui ne sont pas plus gros qu'un iPod) mais c'est, selon moi, un excellent compromis entre polyvalence, qualité et coût.
Au lancement de Déclencheur, j'enregistrais à l'aide d'une interface audio externe, l'Alesis iO|2. Ces petites interfaces sont moins coûteuses qu'un enregistreur dédié mais elles sont aussi moins pratiques. Tout d'abord, il faut effectuer certains réglages sur l'interface et d'autres dans le logiciel. Ensuite, et c'est très gênant sur le terrain, il faut que l'ordinateur soit actif pendant toute la durée de l'enregistrement. En pratique il faut donc une table, ce qui limite beaucoup les endroits où on peut enregistrer.
J'ai donc acheté le Fostex pour me simplifier la vie lors les interviews et, à l'usage j'ai vraiment été séduit. Aujourd'hui tous les enregistrements, y compris ceux typé studio, sont réalisés avec cet enregistreur.
Le Fostex bénéficie évidemment de tous les avantages propre à un enregistreur numérique :
Mais ce qui m'a fait choisir le Fostex parmi tous les enregistreurs disponibles, c'est sa polyvalence, la qualité du son et le rapport qualité/prix. Commençons par le rapport qualité/prix. C'est évidemment une notion subjective mais Fostex a été très... parcimonieux en spécifiant le FR2-LE. La fiche technique est pauvre quand on la compare à d'autres produits : pas d'équaliseur, de reverbération intégré ou de simulation d'amplis guitare. Toutes ces fonctions ne servent à rien pour le reportage (elles servent aux musiciens) puisqu'on les applique sur l'ordinateur lors de l'édition mais elles font grimper le prix total. Le FR2-LE offre par contre tous les indispensables sur le terrain : filtre passe-bas contre le vent et limiteur analogique pour éviter la distorsion (notez qu'il est analogique et donc réellement utile, nombre de produits ont un limiteur numérique soit appliqué après la distorsion).
La qualité du son ensuite. Les fabriquants ont tendance à communiquer sur les capacités numériques de leurs enregistreurs : 96KHz ou 192KHz et 24 bits. C'est important bien entendu mais je crois que ce n'est plus vraiment un facteur de choix : il y a aujourd'hui beaucoup d'interfaces capables d'assurer une numérisation de qualité dans ces fréquences et sauf à monter dans le très haut de gamme, les différences entre deux modèles sont peu importantes. Enfin l'enregistrement typé radio n'est pas le plus exigeant en la matière : le Minidisc (16 bits compressés) est resté une solution populaire pendant de nombreuses années.
Aussi, et c'est le paradoxe, la qualité de la plupart des enregistreurs dépendra davantage du traitement analogique du signal que de la numérisation ! Et sur ce premier plan, le Fostex excelle dans sa gamme de prix. Les préamplis micro sont tout simplement excellents, le réglage du gain manuel est précis et l'AGC lorsqu'on l'active est efficace. Le tout allié à une connectique professionnelle (XLR et jack 6,3), assure un prise son parfaite. On dispose de 65dB de gain ce qui permet de travailler avec des micros dynamiques, courant en reportage.
Bref, le Fostex ne fait qu'une chose : capturer du son dans une logique de reportage mais on en a pour son argent !
La polyvalence enfin. C'est sans doute l'aspect le plus difficile à expliquer. Je constate que la plupart des questions que je reçois portent sur les enregistreurs de poche, type MicroTrack, PMD 620 ou Zoom H2. Il est vrai que ces produits sont très attractifs parce qu'ils sont à peine plus gros qu'un iPod et ils sont livrés avec des micros intégrés. Tout pour démarrer à moins de 300 euros ! La limitation c'est que ce sont des appareils beaucoup plus spécialisés. Pour prendre une analogie avec la photo, un enregistreur comme le FR2-LE est un reflex : il peut se sortir de toutes les situations grâce à sa connectique qui permet de l'adapter à tous les besoins. Les enregistreurs de poche sont des compacts : pratiques mais moins tout-terrain. Il faut donc bien choisir le produit parce qu'on ne peut pas vraiment le faire évoluer : s'ils sont tous équipés d'une entrée micro, le gain y est souvent minimal et le souffle fort présent.
Avec le FR2-LE, il suffit de changer les micros ou le cablage pour s'adapter à la situation en cours : cardo pour les lieux bruyant, omni pour un débat, directement sur la console pour une conférence, etc.
Son (seul ?) défaut c'est le monitoring : si Fostex n'a pas lésiné sur la qualité des composants en entrée, ils ont été chiche sur la sortie casque et elle souffre d'un souffle très présent. Heureusement il n'est pas enregistré, il faut donc s'habituer à ne pas paniquer mais c'est un peu dommage sur une machine par ailleurs vraiment bien conçue.
En guise de conclusion si, comme moi, vous cherchez un enregistreur polyvalent pour de la prise son, vous ne serez pas déçu du Fostex FR2-LE. Il m'arrive parfois de regretter de ne pas avoir un enregistreur de poche comme le PMD 620 que j'utiliserais comme un bloc-note moins encombrant. Mais, grâce à sa flexibilité, le Fostex se sort de toutes les situations.


Par Baptiste, le Dimanche 06 Juillet 2008, 19:39
Par Pixi, le Lundi 28 Juillet 2008, 14:00
Par Baptiste, le Lundi 28 Juillet 2008, 19:25
