
Par Benoît, le Lundi 7 juillet 2008, 21:38
Dans archive, interview, mini
La conservation des images avec Bernard Perrine

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Dans notre civilisation l'image est nombreuse, multiple, omniprésente mais nous sommes aussi à une époque où l'image est la plus fragilisée. Les peintres anciens, les premiers photographes choisissaient les matériaux et les techniques en fonction de leur durabilité. Il n'est pas certain que c'est le cas aujourd'hui.
Bien entendu on peut conserver les photos sur une série de disques durs en RAID 1 ou en RAID 5 pour diminuer les risques de perte, bien entendu on peut aussi multiplier les supports et, surtout, les lieux de stockage mais comment gérer une archive dans le temps ? C'est-à-dire comment pourra-t-on reprendre une archive photo, qui aura peut-être été négligée 15 ou 20 ans ? On peut reprendre des négatifs oubliés, pourra-t-on retrouver les images d'un CD oublié ?
Cet épisode court (7 minutes) est aussi le dernier extrait de notre conversation avec Bernard Perrine. Il vient en écho au sujet Sortir de la bulle photo. Bref, avant que n'arrivent les vacances où l'on oublie tout, je vous propose une dernière réflexion sérieuse !
Le livre dont je parle au début du sujet est Going Visual, un livre de conseils pratiques pour intégrer l'image comme outil de communication dans le travail quotidien.
Montage : Baptiste Recoules
Photo : Copyright 2008, Sharon Day
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9 commentaires
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super mini, c vrai le stockage est limité dans le temps actuellement avec le numérique, perso je stock sur dvd et tous les 2 ou 3 ans je reprends les dvd et recréer un nouveau support pour éviter que la détérioration du dvd et abime mes photos.
Je trouve que l'on reviens souvent aux technique d'avant, l'argentique à ses avantages et ses défauts, tout comme le numérique. Dans cet épisode, on voit que c'est l'argentique qui s'impose pour l'archivage des négatif !
Très intéressant, comme d'habitude devrais-je dire.
Ah! Que je me sens moins seul! En effet comme je l'indiquais dans mon commentaire d'une émission précédente, les problèmes liés au numériques sont bien là, et je doute que l'on trouve un moyen (numérique, électronique) pour s'en sortir.
Question que je me pose : est-il possible de créer un vrai négatif à partir dun fichier numérique (sans passer par un tirage) et combien cela coûte-il ?. Je reste persuadé qu'en dehors du bon vieux négatif, point de salut pour nos photos!
Bonne continuation.
Comme d'habitude, l'épisode est intéressant, mais je resterai plus nuancé quant à certains points :
- Si il est effectivement "facile" de redévelopper une photo, quid dans 50 ans ? Comment trouver une nouvelle ampoule pour un agrandisseur ? Y aura-t'il toujours des papiers photos et des produits chimiques pour les développer ?
- Concernant les images laissées dans les greniers, qu'en feront les nouvelles générations qui tomberont sur les négatifs sans savoir ce qu'est un négatif ? "Les photos sont moches, les couleurs ont passé, hop, direction la poubelle".
Effectivement, il y a un risque concernant la conservation des fichiers d'images, mais le risque est également présent pour les images argentiques.
Actuellement, mon père scanne avec un scanner à diapo nos photos de famille, il essaye de les annoter (30 ans après, c'est plus difficile). Je pense pouvoir dire qu'il sera plus simple de migrer une collection de JPEG vers un nouveau format de fichier dans 20 ans qu'il ne l'est pour traiter des diapos et autres négatifs. Un des avantages de l'informatique, c'est qu'il est assez facile pour un fainéant de faire une recherche sur Google pour trouver un logiciel de conversion et de lancer une conversion en "batch", pour les images "physiques", la conversion est une opération plus lourde qui en rebutera plus d'un.
@Arnaud, je suis exactement du même avis, d'autant qu'il ne faut pas négliger la force actuel du libre, les différentes versions de linux montre bien les capacitités déjà non interessé de l'homme. Croyez vous que des boîtes comme google qui viennent d'obtenir un contrat de numérisation des 500 000 ouvrages de la bibliohtèque le ferait si dans 50 ans ou 100 ans tout doit être mis à la poubelle je reste un convaincu que du numérique aux conditions d'en faire un minimum lors des sorties de nouveauté reste la meilleure alternative dans la durée.
Certes il est facile de faire la conversion au fur et à mesure pour suivre les technologies. Je pense que la question n'est pas là. J'ai retrouvé dans le grenier de mon père, il y a quelques temps, des photos de son grand père (mon arriere grand père, donc). Rangées soigneusement dans un bel album, les plus anciennes datant de 1903.
J'imagine mon arrière petit fils retrouvant dans le grenier de son père, un vieux disque dur, (ou disquette, cd, dvd, ou autre), cela lui fera une belle jambe de savoir que c'était du jpeg, que c'était du libre ou que c'était un format ouvert (type dng). Cela fera belle lurette que tous ces supports auront été effacés, rouillés, abimés...
Ceux qui ont essayé d'écouter des disques gramophones des année 1890 me comprendront peut être. Qu'importe le format des fichiers : Si le support ne suit pas et que les données ne sont plus lisibles
A ce propos, je vous conseille d'aller visiter le merveilleux site Shorpy (http://www.shorpy.com/) où l'on peut voir des photos extraordinaires de la vie des Etats-Unis. Les plus anciennes datant des années 1860. La plupart de ces clichés sont à base de négatifs sur verre.
A partir du moment où 1) les supports sont fragiles 2) il nous faut un intermédiaire pour "voir" les photos (c'est la grande force du papier que d'être lisible, meme dégradé, sans autres outils que nos yeux), nos collections risquent de se perdent un jour ou l'autre.
@guillaume on ne parle pas de photo en tant que tel mais bien de conservation de négatif qu'il soit numérique ou vrai négatif physique.
Il n'y a pas de recette miracle ni pour l'un ni pour l'autre je crois, des négatifs se veront bien endommagé par exemple en cas de dégat des eaux un DVD aussi, dans un incendie c'est égalité, dans la façon de pouvoir les utiliser dans 50 ans je crois que c'est un peu pareil (relis ce que dit Arnaud a propos des produits et papier), en cas de vol idem. Je crois que le seul point commun c'est l'huile de coude et surtout de bien avoir à l'esprit en permanence la conservation dans le temps
Je suis assez d'accord avec vous francis et arnaud.
D'ailleurs il me semble qui serait bon d'approfondir les deux thématique qui sont ici survolé qui sont la question du format d'un coté et de l'autre le stockage. Et c'est la grosse différence avec l'argentique à mon avis, c'est que c'est deux question sont séparer.
Bonjour,
J'ai eu un peu la même réflexion qu'Arnaud en écoutant le podcast.
Je suis informaticien de métier et photographe plutot débutant, mais l'argumentaire développé lors de cette conversation m'a pour le moins interrogé. Et je trouve que la conclusion qui consiste à préconiser de figer sur papier / négatif les photos qu'on veut conserver est erronnée.
En ce qui me concerne je pousserais le raisonnement encore plus loin.
Ce qu'on veut concerver dans une image c'est... ben l'image elle même. C'est à dire une certaine quantité d'informations, plutot de type analogique lorsqu'on part d'un négatif, ou numérique lorsqu'on part d'un cliché numérique.
L'information elle même est immatérielle et d'un point de vue conceptuel a vocation à pouvoir être éternelle. Ce qui ne l'est pas c'est le procédé qu'on utilise pour stocker cette information. Dès qu'on parle de matériel (papier, ou stockage numérique, y compris avec les problemes de formats de fichiers) on se heurte à l'entropie naturelle qui induit de l'usure et donc peut conduire à la dégradation de l'information que le support contient.
Ensuite, en fonction du type de support cette érosion peut avoir une durée diverse (et là je ne suis pas expert) pour des négatifs ou pour des tirages papier, ou pour des CD/DVD, disques durs....
Je n'ai pas de solution à apporter mais je pense que la concervation de la photo passe par la réflexion sur la concervation de l'information, quitte à ce qu'elle soit complètement dématerialisée, ou externalisée dans des services spécialisés. (type flickr, mobileme...)
Enfin en électronique, on sait bien que les bits mémoire doivent être ravivés régulièrement apres quelques cycles. Je pense qu'on n'a pas le choix, il faudra se resoudre à reactualiser le stockage de cette information à intervalles réguliers, que ce soit le support physique, ou le conteneur (format de fichier).
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