
Par Benoît, le Jeudi 29 mai 2008, 12:48
Dans archive, duo, interview, numerique
Sortir de la bulle photo : conserver les fichiers

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Je reproche parfois à la photo de tourner dans sa petite bulle fermée et d'ignorer comment d'autres secteurs ont abordé et résolu des problèmes que nous rencontrons. Dans cette logique, je vous invite à écouter une interview avec un de mes clients, qui n'est pas photographe mais expert-comptable, Michel Lesourd.
Michel partage avec nous l'expérience de la conservation des fichiers informatiques et donc, pour nous, de nos photos. J'avoue que je m'inquiète un rien quand je l'entends dire que seules les copies papiers des documents produits avant la normalisation des fichiers sont encore lisibles... On aborde aussi le problème des supports.
A l'agenda
Je prépare la rentrée donc je n'y serai pas mais ce week-end c'est la 45ème foire à la photo de Bièvres.
Vu les rumeurs qui circulent autour de Nikon Capture NX, j'aurai peut-être besoin de vous, à Bierves, pour le WikiNews !
Photo : © LyaC
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6 commentaires
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C'est pour ça que je suis content d'utiliser Linux, l'Open Source résout une part du problème. C'est très technique mais il est fort probable que dans 50 ans aucuns logiciels propriétaires ne juge utile de pouvoir lire le format raw de mon Canon 350D et que la version vendu avec mon boitier ne puisse fonctionner sur les ordinateurs de dans 50 ans car Canon ne fournit qu'un programme interprètable par une architecture de processeur bien spécifique. Or ces ordinateurs me permettrons vraisemblablement de compiler la version d'ufRaw que j'utilise actuellement : c'est à dire que les logiciels libres / Open Source sont livrés sous forme de texte lisible par un humain qui sont convertis en "langage machine" par ce que l'on nomme un compilateur. Et je pourrais distribuer légalement autour de moi cette version permettant de relire mes fichiers raw.
Désolé pour ce militantisme technique mais je pense que c'est important de soligner que le logiciel libre n'est pas qu'un "truc de communistes".
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Pour ce qui est du matériel, il faut penser à recopier ses données sur du matériel plus récent avant que la technologie devienne obsolète.
Sinon, on se retrouve avec des boîtes de disquettes alors qu'il n'y a plus lecteur sur les ordinateurs neufs. Ou encore avec des vinyles et plus de platine...
Je ne suis pas loin de penser comme ton interlocuteur
C'est fou le nombre de photos de famille que j'ai dans des dizaines de boîte à chaussures chez moi
certaines datent du début du siècle (20 ème). Les plus récentes datent des années 2000
Entre 2000 et aujourd'hui j'en ai encore, bien sûr, mais beaucoup moins.
Je suis certains qu'il y aura moins de trace de notre époque dans le futur que des siècles précédents
Le papier s'use et de dégradent, bien-sûr, mais le numérique est pire car il devient illisible du jour au lendemain
Les copiestes du Moyen-Age pouvaient encore lire et copier des parchemins très abimés. Aujourd'hui, si jamais mon dvd est
illisible, ca peut arriver (et ca m'est arrivé) d'un jour au suivant.
Aucun support actuel ne sera lisible dans 15 ou 20 ans. Aucun format de fichier actuel ne sera lisible dans 100 ou 150 ans (je
pense être optimiste!)
La seule solution fiable aujourd'hui est de dupliquer et convertir nos fichiers au fur et à mesure que les technologies
(disques dur, dvd) et que les formats (jpeg, raw, dng) évoluent.
Salut Benoît. Bravo pour ton podcast, il est remarquable.
Une bafouille sur le Zone System qui a été évoqué dans un commentaire il y a quelque temps.
En simplifiant, le zone System est une méthode qui permet de contrôler le contraste d’une image en jouant sur le temps de développement de la pellicule. Le zone system a été formalisé par le photographe américain Ansel Adams (un grand grand photographe, membre comme Weston du groupe f/64) et qui a été par la suite « amélioré » entre autres par Minor White. Cette méthode ne s’applique qu’aux pellicules photo noir et blanc et surtout uniquement au plan film. En effet chaque image est développée différemment.
La méthode consiste à diviser en 11 zones (de 0 à X) les tons de l’image. La zone 0 correspond au noir, la zone X au blanc….et la zone V au gris moyen (18%). Ensuite devant, par exemple un paysage, on va mesurer (en mesure spot) les différentes parties de l’image et l’on va choisir de PLACER une partie de l’image sur une zone, par exemple la zone V, pour obtenir un gris moyen. Cela veut dire que si l’on développe et tire normalement la photo, cette partie de l’image sortira sur la photo comme un gris moyen. Lorsque l’on a placé cette zone de l’image, toutes les autres parties suivent (FALL en anglais), c’est à dire qu’une partie de l’image 2 fois plus lumineuse (1 diaphragme) tombera en zone VI et une partie de l’image 8 fois moins lumineuse (3 diaphragmes) en zone II.
Jusque là rien de bien sorcier. Le grand jeu du zone system est de jouer sur le temps de développement de la pellicule pour affecter là où tombent les zones et ainsi modifier le contraste de l’image. Ainsi si l’on développe moins longtemps que normalement, les zones très claires de l’image seront un peu plus sombres (on passe de la zone X a la zone IX par exemple) mais les zone sombres ne bougeront presque pas. On dit que l’on développe en N- 1 (Normal moins 1). Au contraire si l’on développe la pellicule plus longtemps on augmente le contraste de l’image. Ainsi une zone VI passera en zone VIII avec un développement en N+2 (Normal + 2).
Le zone system a permis à Ansel Adams de réaliser de sublimes images (il utilisait aussi la pré-illumination et le maquillage et aussi beaucoup les filtres).
Cette méthode ne s’applique évidemment pas à une pellicule de 36 poses. De plus les pellicules modernes ne supportent pas très bien les différences de temps de développement. Le mieux est de faire du « split grade printing ». C est plus simple et très efficace. En plus le négatif est toujours développé de la même manière.
Pour les curieux, le mieux est de lire le très bon livre d’Ansel Adams « The negative » (en anglais), il se trouve sans problème en livre neuf sur amazon.com. Il y a aussi The Ansel Adams Guide: Basic Techniques of Photography » par John Schaefer. Pour les mordus « Beyond the zone System » de Phil Davis. En francais il y l’article de wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_System
En numérique il est tout à fait possible d’utiliser la zone system, c’est même relativement facile : il suffit de jouer avec la courbe de l’image. Mais le mieux est d’utiliser le logiciel LightZone de LightCraft. C’est un très bon logiciel de développement de fichier numérique qui est basé sur le concept de zone du zone system. Il y a une version d’essai gratuite (30 jours ?) et un (des ?) tutorial sur le site de Volker Gilbert.
Voilà voilà.
Cordialement
Nicolas.
Bonjour,
Si vous voulez conserver vos photos de manière sure, je ne peux que vous conseillez l'utilisation d'un système gérant plusieurs disques durs avec tolérance de panne (autrement appelé NAS).
Ces systèmes utilisent plusieurs disques durs pour y placer vos données ainsi que des données de récupération. Si un des disques durs tombe en panne, il suffit de le remplacer pour un autre et aucune de vos données n'est perdue.
J'utilise pour ma part le Thecus 5200PRO BR, il permet de gérer jusqu'à 5 disques en même temps et en fonction du degré de sécurité configuré, peut garder vos données même avec 2 disques en panne en même temps.
Tout d'abord, bravo pour ce podcast. Je viens de me faire une bibliothèque audio bien sympathique.
Une petite réaction sur ce vaste thème que la conservation à long terme des fichiers.
Le commentaire précédent parlait de NAS. C'est un serveur utilisé spécifiquement pour de la sauvegarde, et utilisant des disques dur sous RAID (0, 1 ou 5 actuellement). C'est plus particulièrement la gestion des disques durs qui permet d'avoir une sécurisation des données (dans le cas expliqué, c'est du RAID 5).
Des logiciel simple permettent de synchroniser plusieurs disques entre eux, de manières à avoir des copies de sauvegardes sur l’ensemble des fichiers, ce sont des logiciels de synchronisation (notamment SynchronX http://www.clickteam.com/PatchMaker/Fr/clickteamim/synchronx.htm , qui fonctionne aussi avec un serveur FTP). Ces logiciels savent effectuer des synchronisations périodiques et automatiques.
Toujours est-il que ce n'est qu'un aspect de la sauvegarde de fichiers. En effet, le fait d'avoir un serveur permettant d'effectuer une sauvegarde "sure" ne permettra "que" d'avoir ces fichiers dans plusieurs années.
C'est bien différent du débat, ouvert ici pour la photographie numérique, qui se base plus sur les évolutions logiciels et sur l'abandon probable des formats propriétaires (NEF, PEF et Cie), à plus ou moins long terme.
Personnellement, je ne suis pas encore soumis à ce dilemme, car je n'ais pas encore la possibilité de faire du RAW. Cependant, pour la majorité des "images" que je crée, j'aime utiliser le PNG, principalement parce que c'est un format libre gérant la transparence. J'ose espérer, que ce format, du fait de sa philosophie, sera pérenne.
Il est dommage que les constructeurs de matériels photo n’aient pas encore tous le même format, mais ce n'est pas le seul domaine ou des efforts restent à faire.
En aparté, le domaine de l'automatisme industriel pose à l'heure actuelle les mêmes problèmes, sur des périodes de vie plus courtes.
A mon niveau, je possède actuellement une photothèque numérique de plus 20 000 photos, ce qui est infiniment moins que les professionnels, et je n’imagine pas convertir l'ensemble dans un format différent. Alors dans le cas de photothèque plus importantes, gérant des photos plus volumineuses, c'est à mon avis très compliqués (gourmand en temps et en espace) à faire migrer.
En ce qui concerne l'archivage, je conserve les fichiers d'origines, sous leurs noms d'origines (DSC... etc...), dans un souci d'unicité. Cependant, dans le cas de retouches, je conserve aussi les fichiers retouchés, et là un problème se pose, comment les nommer et où les ranger ?
D'où mes questions :
- comment organiser l'archivage ? Par date, par événements, par type de photo ?
- comment nommer les photos de manière unique ? Comment repérer les photos retouchées ?
En fait, comment archiver de manière intelligente, et est-ce que vous avez une nomenclature permettant de nommer les photos ?
@ CHANI : Personnellement, j'ai décidé depuis plus de 2 ans de renommer tous mes fichiers de manière à ne pas avoir de redondance. Par exemple, une photo de ce mois-ci sera renommé : 0807_124, la 124ème photo du mois de juillet 2008 => ça se lit à l'envers ;-)
L'avantage, c'est que lorsque les photos sont développés, tous les labo notent le nom du fichiers au dos, ce qui me permet de connaitre la date approximative de prise de vue de mes tirages.
Pour les retouches, c'est simple, je colle un R au nom du fichier ; exemple : 0807_124R
@+ Eric.
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