
Par Benoît, le Lundi 3 septembre 2007, 17:20
Dans esthetique, interview, mag, reportage, technique
Culture de l'image et reportage (Pieter-Jan Louis)

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Une discussion passionnante sur la photo, la culture de l'image, la photo de mariage (y compris la photo contemporaine) et le photojournalisme avec Pieter-Jan Louis, un photographe indépendant parisien.
Pieter nous explique l'intérêt d'avoir une bonne culture de l'image pour construire une photo dans les circonstances les plus difficiles. Dans l'art (ou l'artisanat, comme il le pratique), on s'appuie en effet souvent sur le travail des autres, tout en y intégrant bien entendu une touche personnelle. Pour acquérir cette culture, Pieter nous conseille de visiter des expositions et de lire la presse.
La conversation a également porté sur l'évolution des goûts en photo de mariage, évolution que Pieter attribue aux progrès techniques. Le photographe doit donc proposer des photos variées, qui plairont à toute la famille, comme le DJ proposera divers styles musicaux pour les seniors et les mariés.
L'édito est consacré à l'Atelier RFI, une belle expérience de radio collaborative. Sans doute que l'émission la plus intéressante pour vous sera la radio se (ré)invente sur le net mais l'ensemble est très bien fait. Ce qui m'a le plus séduit dans cette expérience c'est l'excellente intégration du blog (et donc des auditeurs) dans l'émission.
A propos, "podcaster" est dans le dictionnaire (via Franck Doyen).
Les trois segments de l'épisode sont (entre parenthèse, le début du segment concerné) :
- edito : Atelier RFI (00:58)
- rencontre avec Pieter-Jan Louis (02:41)
- photo de mariage (03:39)
- photojournalisme et photo d'illustration (05:25)
- photo de mariage contemporaine, évolution des techniques (08:03)
- d'abord étudier ce que d'autres ont fait, et puis apporter une touche personnelle (11:26)
- de l'importance d'avoir une bonne culture de l'image (16:20)
- vos commentaires, mes réactions (23:15)
Liens de l'épisode
- La série Photopoche
- La Photographie d'Edouard Boubat
- Ceci n'est pas un socle
- Qtpfsgui, un logiciel libre pour le HDR (via MrSoul)
- Industria, exposition de photos de friches industrielles (via Antoine Magnier)
Epinglés pour vous
- L'appareil photo aveugle, prend les photos des autres (anglais)
- Nikon buzze sur l'actualité belge (pour comprendre : le contexte)
- Un lien contre un cocktail et un rappel du Yulbiz-Bruxelles
- L'actualité me fournit un contre-exemple à l'Atelier RFI avec la rédaction séparée du blog. Résultat : le Moustique buzze mais ne pique pas.
Mon expérience des médias est dans l'édition informatique aux Etats-Unis, un milieu privilégié donc, mais je croyais naïvement que la presse papier avait intégré ces pratiques il y a quelques années déjà.
Photo : Copyright 2006, Pieter-Jan Louis "Noisy le Grand près de Paris en 2006"
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17 commentaires
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Encore un magnifique mag que tu nous offre.
Merci beacoup :)
Encore un épisode passionnant.
Par contre je ne suis pas du tout d'accord avec Jean Louis quand celui ci dit que l'on ne fait pas de la photo de mariage pour se faire plaisir ou pour faire de belle images ??!!
Une journée comme celle-ci demande une tel débauche d'énergie et d'investissement personnel, de la part du photographe, que je ne vois pas comment on peut ramener de belles images sans se faire plaisir!
Bien entendu qu'il faut faire des images qui plaisent aux mariés et à la famille,
Bien sûr que certaines photos sont incontournable sur un mariage (Alliances, signatures, sortie de l'église, etc..), mais cela n’est pas incompatible avec la créativité et la passion du photographe ?
Alors oui, il est facile quand on connaît son métier, de ramener le "minimum" de « belles » photos, qui vont plairent à tout le monde. Mais si l’on veut aller chercher « le petit truc en plus » qui fait que ces photos seront exceptionnelles, il faut se donner à 200%
La photographie de mariage est un échange entre le photographe et les mariés.
L’approche psychologique est très importante. Comment ramener de bonnes photos, si les mariés ne joue pas le jeu ce jour-là ? Comment obtenir leurs confiances si l’on ne se fait pas plaisir ?
Il m’est arrivé dernièrement, sur un mariage, de projeter les photos de la journée sur écran géant lors de la soirée. À la fin de la projection, le grand père de la mariée m’a pris dans ses bras en pleurant et en me remerciant mille fois pour les photos… Comment obtenir cela si le photographe ne se fait pas plaisir ?
Que ce soit en photographie de mariage, de reportage, de mode, ou autre, je pense que la notion de plaisir est essentielle pour le photographe… Le plaisir n’est-il pas synonyme de passion ? Cette passion nous avons la chance d’en vivre nous les pros… c’est quand la photographie devient un métier… que le plaisir disparaît..
Gérald Géronimi
Bravo pour cet épisode une nouvelle fois. L'interview était particulièrement agréable à écouter. La collection que site Pieter-Jan, "Photo Poche" est vraiment superbe. Elle offre vraiment, à moindre frais, la possibilité de se constituer une très belle collection de livres de photographes de référence. Malheureusement certain titres sont épuisés, mais ce qui sont encore disponibles offrent beaucoup en termes de culture photographique.
Encore un superbe épisode Pieter-Jan louis est très intérressant bravo a lui et bien sur a toi Benoit pour cet épisode des plus passionnant.
Encore Bravo
Sympa l épisode, encore bravo benoit pour ce podcast
Mais Je ne comprends pas « l’effet moderne » que cela apporte de prendre une photo au grand angle plutôt qu’au 35 ou 50 mn : les mariés seront plus petits sur la photo finale c’est tout, non ? (a distance égale du sujet bien entendu) et si on se rapproche, la photo sera identique, non ?
@ Mickey : Le fait de faire des portraits au grand angle va tout de même introduire des déformations de perspectives, si tu te rapproche suffisement de ton sujet le premier plan va être très présent. Prends par exemple un cheval ou une vache au grand angle de suffisement pret et de 3/4 face, sa tête va paraitre disproportionnée par rapport à son corps qui sera présent au second plan de la photo. L'utilisation d'un grand angle dans le cas d'un portrait est de jouer avec les déformation qu'il peut donner. C'est effectivement moi conventionnel qu'un portrait en pied classique. Après tout est une affaire de goût et de sensibilité. :-)
Je complète mon commentaire précédent avec une petite illustration : http://www.virusphoto.com/12714-portrait-grand-angle-de-ma-dulcinee.html
Rencontre très intéressante (surtout que j'ai à peu de chose près la même approche que Pieter-Jan Louis), j'ai retenu un point intéressant, il est bon de sortir de la règle des tiers... Quand on la connait !
On pourrait d'ailleurs dire ça de toutes les règles photographique. Je ne sais plus qui à dit cette phrase (entendu lors d'un cours d'histoire de la photo), mais elle résume très bien le problème : "On marche très mal sur le vide"...
Je conseil également la collection photo poche, ils ne sont pas cher et se dévore avec passion.
Quand au livre de Boubat, c'est toujours celui que je conseil en priorité, même pour les débutants en numérique, en plus d'apporter toutes les bases de la photo très facilement, on touche à la sensibilité d'un grand photographe :
Édouard Boubat - La photographie
L’art et la technique du noir et de la couleur
Éditeur : Le livre de poche.
Collection : Vie pratique N°7958.
ISBN : 2-253-05020-2.
Date de parution : 28/06/1989.
Format : Broché 11x17cm pour 224 pages dont 45 photos en N&B.
Prix indicatif : 5,50€.
PS : J'espère que c'est bien celui dont il parle
@Maxime GRISELAIN : merci bcp pour ta réponse, je ne voyais pas ca comme cela.
Merci pour vos encouragements ainsi que vos remarques.
Oui c'est bien ce livre mais il me semble que l'éditeur a stoppé son impression dixit "La Chambre Claire". Cependant avec le sérieux du présent blog je n'envoyais plus les demandeurs vers ce livre mais ici même !
Je confirme aussi que les règles une fois acquises doivent être dépassées et c'est là que commence le travail d'auteur. D'ailleurs cela complète aussi la judicieuse remarque de Gérald Géronimi sur le travail du photographe de mariage, on se doit de se donner à 200% sur ce type de reportage et chercher le petit truc en plus cependant il ne faut pas oublier que ces photos seront lues par des yeux non-expert s et je me suis peut être mal exprimé dans ce passage.
Je sous-entendais que j'assure d'abord le travail "officiel" avec des cadrages propres, lisibles voire "type hyperfocale" de telle facon a être sûr que le client s'y retrouve et graphiquement et émotionnellement.
Après et seulement après, j'assure le coté perso que l'on pourrait qualifier d'auteur, ainsi je prends plaisir à travailler sur ce type de reportage qui est beaucoup plus exigeant qu'il n'y parait...
Pour l'anecdote certaines images m'ont particulièrement marquées dont une dont voici l'histoire:
Je photographie un Rock des mariés en vitesse lente et flash au second rideau sous ex d'un diaph. L'éclairage du DJ imprime les mariés dans 2 belles poses à 2 endroits différents du cadre. L'éclairage, les poses sont superbes, ce sont les mariés (et pas un inconnu invité par les parents!) Bingo ! je me dis que je tiens là une excellente image et qu'elle illustre superbement de mon Sujet. Au final cette photo ne correspondait aux goûts de mes clients. Exit, elle ne verra jamais l'album. Je n'y vois pas d'inconvénient car je ne discute jamais "le gout et les couleurs" de mes clients, cependant avec les années d'expériences j'ai a peu près cerné ce qu'attendent les mariés et je leur fourni en priorité. Après je m'exprime. D'abord le travail d'artisan après le travail artistique.
Désolé si je me suis mal exprimé, je pense qu'en substance nos approches s'approchent :-)
Salut
Ca tombe bien j'ai fait mon premier mariage il y a un peu plus d'une semaine !
Perso j'ai une approche un peu moins "d'artisan". C'est à dire que, dans la mesure où le mariage n'est pas mon activité principale, mon approche est davantage personnelle.
Je m'explique. L'idée est que je vais développer une esthétique (et une approche) particulière, qui va me différencier (tant que faire se peut) des autres photographes. Si un couple de futur mariés vient me voir, c'est pour cette approche là. Cela pourra donc convenir à certains couples et pas à d'autres.
C'est davantage une démarche d'artiste et j'ai remarqué que certains couples étaient en attente de ça.
En même temps je suis conscient qu'avec une démarche comme celle là, je ne vivrai pas de mariages.
Tout dépends de votre engagement artistique et professionnel et la manière dont vous voulez faire cohabiter les deux.
Enfin je voudrais mettre l'accent sur l'importance de l'entretien. J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises (de 1 an avant le mariage au jour J) de rencontrer les futurs mariés et de parler longuement avec eux. Le but pour moi était d'essayer de comprendre l'environnement social et culturel dans lequel ils évoluent, afin de voir si "je peux le faire" ou pas. C'est à mon sens de loin l'étape la plus importante.
Si je ne me sens pas capable de retranscrire parfaitement ce contexte socio-culturel parce que je n'ai pas le bagage suffisant, je me retire, je passe mon tour.
Autrement dit selon moi, pour approcher la "perfection", il faut adéquation entre la "culture" du photographe et celle des futurs mariés (et de leur environnement).
Si ça vous intéresse voici le lien vers une sélection de mon premier mariage :
http://www.gabrielmichel.com/gallery/Etienne_et_Aurelie
Biographie : "Digital Wedding Photography - Capturing Beautiful Memories" de Glen Johnson.
Il s'agît d'un ouvrage en anglais qui décrit assez bien le travail de photographe de mariage. Il donne des tuyaux intéressants. Je trouve les photos pas terribles, mais c'est pas grave, lol. Il faut juste faire attention au fait que le photographe est américain, avec des tarifs à l'américaine (7500 $ pour un mariage ça vous tente ?). Bref il parait que ce bouquin est une référence. Perso je le trouve sympa.
Oups juste une petite précision.
Dans la sélection de photos de mon premier mariage il n'y a pas les photos du reportage pour des raisons de droit à l'image. ;-)
Ce ne sont donc que des portraits.
Boujour et bravo encore pour le site et l'initiative en général.
J'ai une petite question je suis equipé d'un EOS 400D et de plusieurs objectifs SIGMA 70-300 EX, Canon 50/1.8 (peu cher et fabuleux), Canon 18-55 et Canon 35-105.
j'ai voulu testé un filtre polarisant circulaire (Hoya??) malheureusement l'autofocus ne fonctionne pas correctement l'il s'arrete sur une position flou. manuellement il est impossible de faire une mise au point nette. cette anomalie est plus facile a voir avec le 70-300 que les autres objectifs surtout en position 300.
avec un boitier argentique EOS600 (a vendre) je n'ai pas ce probleme.
Merci de ton aide et de tes conseils.
Merci encore pour cet excellent épisode.
-- Vincent
Bonjour,
Je découvre votre site avec grand plaisir. Si je peux juste me permettre une petite suggestion pour que le plaisir de vous lire et de vous écouter soit encore plus grand : svp affichez clairement, dans le titre ou juste en dessous, la durée totale de la vidéo ou de l'audio proposée. Vous le faites parfois mais pas systématiquement, or c'est bien pratique pour s'organiser.
Pour le problème du pola, je peux me tromper, mais je pense savoir pourquoi.
Il faut savoir que les colimateurs AF ne sont efficaces que jusqu'à une certaine ouverture car il leur faut du contraste, et donc de la lumière.
En général, au delà de F/5.6, le fonctionnement n'est plus très bon et les constructeurs désactivent meme l'AF d'office.
Si tu met un pola sur un 300 f/5,6, l'AF n'est pas désactivé mais en terme de luminosité, c'est comme si tu avais un objectif entre f/8 et f/11 (un pola mange 1,5 diaphe en moyenne).
Par manque de lumière, ton AF n'accorche donc plus.
Bravo pour cet entretien très intéressant. Je rejoins les avis de Pieter sur bien des points. Et j'en profite pour te dire Benoit que depuis notre entrevue, j'ai à présent la responsabilité du service photo du Conseil général du Val-de-Marne et que je me consacre donc au reportage et à l'archivage photo à temps plein ! J'ai l'occasion de proposer tous les jours des reportages à des pigistes et je suis ouvvert à tous les talents qui n'ont pas peur de se frotter à de la photo d'illustration pas toujours facile.
Bonne continuation
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